Aligner le salaire de tous les agents publics sur l’inflation
Dans le sillage du gel annuel du point d’indice – appliqué douze fois depuis 2002 – la CFTC ne peut pas ignorer que les agents publics ont vu leur pouvoir d’achat s’amoindrir. Du fait de la revalorisation automatique du SMIC mais aussi de l’absence de réévaluation d’une partie de la grille des rémunérations, le nombre d’agents publics qui perçoivent le salaire minimum est notamment passé de 356 000 en janvier 2026, à 862 000 six mois plus tard.
De par sa nature de syndicat responsable, la CFTC est toutefois consciente des problématiques budgétaires structurelles qui se posent aux pouvoirs publics. Pour concilier stabilité du pouvoir d’achat et responsabilité budgétaire, notre organisation propose donc un rattrapage progressif et continu des salaires. La CFTC défend notamment une revalorisation annuelle indiciaire des agents publics, au moins alignée sur l’inflation.
Revaloriser le point d’indice, plutôt que recourir aux primes et indemnités
Aujourd’hui, les primes et indemnités touchées par les agents publics représentent une part substantielle de leur rémunération. Elles constituent, en moyenne, entre 20 à presque 30% de leurs revenus. Toutefois, nombre de ces primes et indemnités ne financent pas les comptes sociaux et n’ouvrent pas de droits supplémentaires pour les agents, par exemple pour leur retraite.
Pour la CFTC, les primes et indemnités doivent rester une modalité annexe de rémunération. Notre organisation défend une revalorisation annuelle et équitable du traitement indiciaire et un régime de primes et d’indemnités dont la fonction est principalement de compenser la pénibilité du travail, ainsi que de récompenser l’investissement et l’implication des agents. Elle recommande également une harmonisation du régime indemnitaire sur la base de critères communs : à poste égal, les primes doivent être identiques.
Elargir la reconnaissance de la pénibilité dans la fonction publique
Au moins 25% des retraités de la fonction publique ont une pension équivalente ou inférieure à 1366€, à peine plus que le seuil de pauvreté pour une personne seule. Pour la CFTC, ce montant ne reflète pas la pénibilité et l’exigence de disponibilité des agents : travail de nuit, l’été, voire toute l’année pour faire fonctionner les divers services publics…Ces contraintes ont des conséquences directes sur leur état de santé en fin de carrière. La CFTC défend donc la nécessité de mieux reconnaître cette pénibilité. Pour rappel, cette reconnaissance ouvre divers droits aux agents concernés, notamment la possibilité de partir en retraite anticipée.
Encourager le recours à la retraite progressive
Pompiers, policiers, agents de collectes de déchets…de nombreux agents publics sont exposés à divers degrés de pénibilité dans leurs métiers. Pour réduire leur exposition, la CFTC milite pour mieux prendre en charge les contraintes physiques et cognitives des agents publics sur leur lieu de travail. Un travail moins usant, c’est aussi, en bout de course, un départ en retraite plus serein, et une après-carrière professionnelle en meilleure santé physique et mentale. Pour cette raison, la CFTC défend également un déploiement plus large de la retraite progressive.
Construire des droits effectifs à la reconversion professionnelle
Pour la CFTC, il est nécessaire que les agents publics puissent transiter vers des métiers moins exposés avant leur fin de carrière, afin de leur permettre de partir en retraite dans de bonnes conditions. Notre organisation défend notamment la mise en place d’un droit opposable à la reconversion, après une certaine durée d’exposition aux critères de pénibilité. Ce mécanisme permettrait aux salariés exposés à des facteurs de risques professionnels de changer de métier avant que leur santé ne soit altérée.
Renforcer la prévention primaire, pour réduire l’usure professionnelle
Les enjeux de santé au travail varient selon les métiers et secteurs des agents de la fonction publique. Les enseignants peuvent être confrontés à des classes surchargées, les soignants soumis à des rythmes de travail accélérés, les sapeurs-pompiers, militaires et policiers exposés à des horaires atypiques…Le vieillissement des effectifs constitue aussi un enjeu majeur. Dans les métiers d’exécution, de soin ou d’entretien, l’usure physique et les troubles musculo-squelettiques rendent par exemple de plus en plus difficile le maintien au même poste jusqu’à la retraite. Pour la CFTC, il est impératif de renforcer la prévention primaire, pour réduire l’usure professionnelle des agents publics. Notre organisation veut notamment davantage réguler la charge de travail et modifier son organisation, améliorer les effectifs mais aussi renforcer les marges de manœuvre des agents.
Renforcer l’attractivité de la fonction publique
Du fait de la dégradation du pouvoir d’achat et des conditions de travail des agents, la fonction publique a plus de mal à fédérer les nouveaux talents : entre 2016 et 2022, le nombre de candidats aux concours a par exemple chuté de 50 %. Les départs volontaires sont aussi en hausse: ils ont augmenté de 47 % entre 2014 et 2022. Pour la CFTC, la fonction publique doit redevenir un pôle d’attractivité et de stabilité professionnelle. Pour ce faire, notre syndicat veut agir sur les leviers essentiels que sont la rémunération, la qualité des conditions de travail, les perspectives de carrière, l’excellence du management et la capacité des structures à garantir durablement la santé et le bien-être des agents.
Permettre aux agents publics de se former à tout âge
L’efficacité et la qualité du service public sont mises en tension par l’allongement des carrières, le vieillissement des agents (44% ont plus de 50 ans) et la dégradation de leurs conditions de travail. Pour protéger les agents publics et leur permettre d’exercer leur mission sereinement, la CFTC revendique une politique de formation ambitieuse, à tout âge. A ce titre, elle milite pour améliorer l’accès des agents publics aux formations non-statutaires (FPE). Elle prône également la constitution d’un fonds en faveur de la prévention de l’usure professionnelle, qui financerait prioritairement les transitions professionnelles.





