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À quand une politique de prévention santé solide ?

Santé

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Définition

En 1948, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) propose une première définition de la prévention en tant « qu’ensemble des mesures visant à éviter ou réduire le nombre et la gravité des maladies, des accidents et des handicaps ».

De manière plus large, la promotion de la santé englobe des activités qui visent à améliorer la santé des personnes et des communautés. La déclaration de Shanghai sur la promotion de la santé (OMS 2016) met d’ailleurs l’accent sur les liens entre développement durable et santé.

Le saviez-vous ?

L’Agence européenne de l’environnement estime à 13 % en Europe et à 10 % en France le taux de mortalité dû à des facteurs environnementaux, soit 630 000 décès prématurés par an en Europe et 61 000 décès en France. Les pollutions des milieux sont des facteurs déterminants.

Prévention santé : un paradoxe français

Si l’on s’en tient aux principaux indicateurs de santé, la situation française est mitigée. Comparativement aux pays de même niveau de vie, l’état de santé en France apparaît globalement satisfaisant. Toutefois, d’autres indicateurs, liés à la prévention et à la promotion de la santé, sont plutôt médiocres.

En outre, notre système de santé ne réussit pas à contrer efficacement les inégalités sociales de santé : les inégalités de mortalité entre cadre et ouvrier sont autour de six ans pour les hommes et trois ans pour les femmes…  Depuis les années 1980.

La prévention ne profite pas de la même façon aux différents groupes sociaux, comme en témoignent, en particulier, l’évolution de la surcharge pondérale et de l’obésité chez les enfants ou la participation au dépistage des cancers.

Pour la CFTC, la future politique de prévention doit privilégier des actions sur les déterminants de santé, à savoir les facteurs qui impactent l’état de santé de la population, y compris ceux, nombreux, n’étant pas forcément liés au système de soins ou d’assurance maladie (alimentation, logement, l’éducation, travail, etc.).

Avant d’être une question de moyens […], le problème de politique publique posé en matière de prévention est d’abord un problème de conception (HCAAM)

La CFTC appelle donc à renforcer la prévention et à en faire un des objectifs prioritaires et transversaux des politiques publiques, au-delà de la politique de santé en :

Prévention santé : la place cruciale des territoires

Les résultats mitigés des politiques de prévention s’expliquent en partie par l’organisation territoriale de notre système de santé.

Si nous nous penchons sur le cas français, nous ne pouvons être que frappés par la complexité et l’enchevêtrement des acteurs aux différents échelons territoriaux dans la mise en œuvre et la définition des politiques de promotion de la santé : il existe autant de périmètres d’action en matière de promotion de la santé que de types d’interlocuteurs.

Les domaines d’action de l’État, de la Sécu, des collectivités locales ou des acteurs privés sont dispersés et non- superposables. Or, le succès d’une bonne politique de promotion de la santé tient de l’articulation des trois niveaux de priorités nationales, régionales et locales.

Parce que la territorialisation est fondamentale lorsqu’on raisonne sur les priorités de santé publique, la CFTC souhaite :

  • privilégier une approche plus « populationnelle » et territoriale de la prévention.
  • mobiliser les travailleurs sociaux, les intervenants associatifs, les éducateurs au contact des jeunes et les professeurs d’éducation physique dans les écoles aux côtés des professionnels de santé autour des questions de prévention et de promotion de la santé.

Que fait-on des approches collectives et individuelles ?

Définition

La prévention collective s’adresse à l’ensemble d’une population, sur un territoire, et ambitionne de renforcer les chances de rester en bonne santé par des mesures généralement éducatives ou environnementales.

La prévention ciblée est, quant à elle, plus souvent médicalisée. 

Les institutions dédiées à la prévention collective (PMI, santé à l’école et santé au travail) souffrent depuis des années de difficultés en termes de moyens humains et matériels.

Une meilleure organisation des équipes de soins primaires et de la médecine spécialisée de deuxième recours doivent concourir à une meilleure articulation entre prévention collective et prévention individuelle.

L’effort de structuration des soins primaires doit donc encourager la vocation des médecins traitant à assumer une pratique plus collective de la prévention pour pallier ces difficultés.

Par exemple, en matière de santé au travail :  les professionnels de ville doivent jouer pleinement leur rôle et, pour cela, être en situation de connaître les risques auxquels peuvent être exposés les salariés.

C’est pourquoi la CFTC propose de :

  • développer et d’insérer les politiques de prévention et de santé publique dans les âges clés de la vie.

Bon à savoir

Il s’agirait d’appliquer des politiques de prévention spécifiques.

Entre 15-20 ans : aborder la question des maladies sexuellement transmissibles, de l’obésité et des addictions.

Entre 20-35 ans : intervenir sur le sport et la sédentarité (bilan de santé).

Entre 30-45 ans : aborder le sevrage tabagique, la réduction de la consommation de sel.

Enfin, au-delà, aborder la question du bien vieillir (prévention sur la perte d’autonomie, l’isolement, la santé bucco-dentaire, etc.).

Mais pour cela, la CFTC considère que plusieurs niveaux d’acteurs et d’actions doivent être assurés :

  1. – promouvoir l’éducation à la santé dans le cadre de l’enseignement scolaire ;
  2. – mettre l’accent sur la prévention et la sensibilisation tout au long de la vie ;
  3. – faire des médecins de véritables acteurs de la prévention ;
  4. – rendre accessible le dépistage, qui relève déjà de l’action médicale.
  • faciliter l’accessibilité financière des actes de prévention et la promotion de la santé.

Enfin, n’oublions pas le rôle, particulièrement déterminant, des usagers et des patients dans le champ de la prévention et de la promotion de la santé. L’efficacité des politiques publiques en matière de prévention doit tenir compte de la relation qu’entretiennent ces derniers avec le système de santé.

Dépenses de santé : comment mieux répondre aux besoins de la population ?

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