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N’opposons pas la « France confinée » à la « France qui travaille » !

20 mars 2020 | Social

photo cyril bernard

Par Cyril Chabanier, président de la CFTC

« Ce qui se conçoit bien, s’énonce clairement » dit-on. Jamais cette maxime ne m’a paru plus vraie. On peine à qualifier la crise à laquelle nous faisons face parce qu’on peine à en concevoir l’ampleur, la durée ou encore l’issue. On peine parce que cette crise est inédite, à l’échelle de nos vies tout du moins. L’heure étant à l’humilité, je me garderai bien de prédire quoi que ce soit.

On peut, cependant, tenter de réunir quelques faits pour éclairer la marche à suivre. Cette crise, qui est d’abord sanitaire, met en jeu la vie même de nos concitoyens. Les premières réponses doivent donc, avant toutes autres préoccupations, protéger la vie. De ce point de vue, les mesures gouvernementales ne sont pas des demi-mesures. Qu’il s’agisse des conditions élargies d’accès au chômage partiel, des possibilités d’arrêts de travail indemnisés pour garde d’enfant ou encore de l’organisation impérative en télétravail des 8 millions de postes qui le permettent, tout est fait pour concrétiser l’incitation présidentielle à « rester chez soi ».
Cette incitation accentue une autre crise dont il faut aussi juguler la contamination, une crise économique et financière. La CFTC n’oppose pas ces deux crises. Elles sont les deux revers d’une même pièce, d’un même défi à relever ensemble, dans l’unité, pour préserver l’avenir. Les mesures énoncées plus haut, ajoutées à leur pendant financier (report des échéances sociales et/ou fiscales, rééchelonnement des crédits bancaires…), protègent les entreprises donc l’emploi placés momentanément sous bulle. La CFTC salue ces mesures !

Mais ce confinement économique a ses limites objectives que le bon sens commande de reconnaître. Nos concitoyens, qu’ils soient confinés ou qu’ils travaillent, doivent pouvoir se nourrir, se soigner, se déplacer, communiquer à distance et autres activités dont certains redécouvrent aujourd’hui l’importance. Au cœur de ces activités plus que jamais nécessaires à la préservation de notre « vivre ensemble », il y a des hommes et des femmes qui travaillent. La nature de ces activités est telle que la présence sur le lieu de travail habituel est parfois incontournable. Il nous faut donc accepter et reconnaître ce dévouement de celles et ceux qui n’étant pas confinés s’exposent plus que d’autres à la contamination. A ces personnes, je dis et redis tout mon soutien et toute mon admiration !

Notre responsabilité individuelle et collective à leur égard s’en trouve considérablement accrue ! Les mesures de protection et parmi elles, les « gestes barrières » édictés par le gouvernement constituent la priorité du dialogue social en entreprise et au-delà. Quelles que soient les modalités de ce dialogue (en « présentiel » ou en téléconférence), la CFTC reste au contact de ses adhérents et des travailleurs qu’ils représentent. C’est aussi en ce sens qu’elle s’est réunie hier soir, en téléconférence avec les autres organisations syndicales et patronales (voir encadré ci-dessous)

N’opposons pas la « France confinée » à la « France qui travaille » ! Toutes deux s’articulent et se complètent pour produire la meilleure réponse à cette crise sanitaire et économique sans précédent. Chacune, chacun a un rôle à jouer, des consignes à respecter durant cette épreuve dont nous aurons tant à apprendre et dont je veux croire que nous sortirons grandis le moment venu.

Du rôle essentiel du dialogue social

Les confédérations syndicales (CFTC, CFDT, CGT, FO, CFE-CGC) et les organisations patronales (MEDEF, CPME, U2P), attachées à leur liberté de comportement, ont échangé jeudi 19 mars par téléconférence.
Dans leur « relevé de réunion », elles soulignent que le contexte de crise sanitaire majeure appelle à prendre les mesures indispensables à son endiguement. Elles entendent, dans ce contexte, affirmer le rôle essentiel du dialogue social et de la négociation collective.
Elles appellent les pouvoirs publics et les entreprises à mettre en œuvre tous les moyens indispensables à la protection de la santé et de la sécurité des salariés devant travailler.
Elles saluent l’engagement des agents des services publics et des salariés notamment ceux intervenant dans les domaines indispensables de la santé ou encore de l’approvisionnement.
Enfin, elles soulignent le rôle majeur de nos systèmes de protection sociale collective, garants de la solidarité entre toutes et tous.
Elles sont convenues de rester en contact autant que de besoin.

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