Au boulot pour la planète !

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Mercredi 29 mai 2019
Emploi-Société

La crise sociale et la crise environnementale que nous traversons sont indissociables ; elles se renforcent mutuellement. Le Ceras et ses partenaires, dont la CFTC, ont choisi d’explorer leurs liaisons respectives et, surtout, les leviers d’action pour les combattre.

« Quel travail pour une transition écologique solidaire ? » C’est la question retenue par le Centre de recherche et d’action sociales (Ceras), en partenariat avec la CFTC, lors de son colloque du 20 au 22 mai dernier. Autrement dit, comment repenser le travail pour qu’il n’abîme ni la planète ni les hommes ? Dans un espace compris entre le plafond écologique et le plancher social. Les participants (syndicalistes, experts, universitaires) ont exposé plusieurs pistes.

Réintroduire le collectif

Pour lutter contre le phénomène d’individualisation et de fragmentation sociale qui s’instaure au travail, il s’agit d’encourager les dynamiques collectives. L’exemple des Cuma (coopératives d’utilisation du matériel agricole), développé par Véronique Lucas de l’INRA, l’illustre bien. En plus de rompre l’isolement des agriculteurs, cette forme de coopération soutient l’embauche (l’échelle de la ferme s’avérant souvent insuffisante) et l’adoption de pratiques écologiquement responsables (par la mutualisation de matériels, de ressources).

Réintroduire du sens

Dans l’examen des conditions de travail, la question de la finalité est toujours éludée. Pourtant, notre société assiste bien à une crise de sens du travail. Faut-il considérer la plus-value sociale et environnementale des activités ? Oser dire que certaines, socialement néfastes, doivent être pointées ? D’où l’intérêt, porté notamment par la CFTC, à la responsabilité sociétale des entreprises (RSE). Pour Nayla Ajaltouni, du collectif l’Éthique sur l’étiquette, la bonne volonté en la matière ne suffit pas. Elle plaide « pour une législation plus contraignante ».

Repenser la protection

À l’échelle du monde, deux tiers des travailleurs sont employés de manière informelle. De plus, les cas de travailleurs ayant plusieurs employeurs ou statuts se multiplient. Il est grand temps de repenser la protection sociale, en continuant de rattacher tous les droits à la personne et non plus au contrat de travail – c’est l’idée de la CFTC. Et, pourquoi pas, en révisant son mode de financement.

Renouveler les politiques publiques

L’économiste Éloi Laurent propose d’inventer un « État social écologique », c’est-à-dire d’élaborer de nouvelles politiques publiques, en intégrant l’idée – et le fait ! – que les crises écologiques sont des risques sociaux. Pour s’en prémunir, il appelle à construire des institutions de protection collective. Mais la réflexion ne s’arrête pas là : elle passe par la finance et les moyens de lui faire supporter notre adaptation au dérèglement climatique, selon Gaël Giraud, prêtre et économiste, qui travaille notamment pour l’Agence française de développement.

SB et MV

Crédit infographie : Céline Dulauroy

Crédit illustration de Une : Pexels