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Les sages-femmes en quête de reconnaissance

19 janvier 2022 | Social

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Céline Riquer participe à la mobilisation nationale des sages-femmes depuis le 26 janvier 2021. Mandatée par la CFTC Santé Sociaux, elle a été reçue au ministère de la Santé pour y porter les revendications de sa fédération.

sages-femmes: Céline Riquer

Les sages-femmes donnent de la voix. Régulièrement mobilisées depuis le début de l’année, elles revendiquent une meilleure reconnaissance de leur profession ; en effet, elles sont pour l’instant assimilées aux professions paramédicales (infirmiers, aides-soignants, kiné…) et non-médicales (ouvriers, adjoints administratifs…), rémunérées selon la grille indiciaire de cette seconde catégorie, moins avantageuse, soit 1 800 euros nets par mois en début de carrière. Pourtant, « d’après le Code de la Santé publique, la profession de sage-femme est une profession médicale, comme les dentistes et les médecins », explique Céline Riquer, représentante nationale CFTC Santé Sociaux des sages-femmes et présidente de la section CFTC au CHU de Poitiers.

En conséquence, « nous réclamons un statut de praticien hospitalier, équivalent à celui des autres professions médicales », poursuit-elle. Mais le ministère ne promet qu’une instruction aux hôpitaux pour que les sages-femmes soient gérées, comme toutes les professions médicales, par les directions des affaires médicales et non par les services de ressources humaines. Ce qui est théoriquement déjà le cas.

Points d’indice, primes et reconnaissance statutaire en jeu

À défaut de reconnaissance statutaire, la CFTC a demandé que soit appliquée, au minimum, la préconisation du rapport de l’Igas de juillet 2021. À savoir, l’attribution de 175 points d’indice (624 euros nets de plus par mois) à chaque sage-femme. Mais le ministère de la Santé n’a annoncé que 78 euros net supplémentaires par mois à partir du 1er janvier 2022. En revanche, la CFTC et ses partenaires ont obtenu que la prime de 100 euros pour les sages-femmes fonctionnaires, annoncée en septembre, soit portée à 240 euros. Cela s’ajoute à la revalorisation mensuelle de 183 euros nets accordée en juin 2021 à 1,5 million de soignants du secteur public. Cependant, ces revalorisations « ne correspondent pas à la reconnaissance de notre statut médical, à notre niveau de compétences et à nos responsabilités », estime Céline Riquer.

Les sages-femmes suivent en effet cinq années d’études, dont une première année de médecine, comme les dentistes ou les pharmaciens. La CFTC a d’ailleurs obtenu que cette formation soit allongée d’un an, son volume horaire étant devenu insoutenable pour les étudiants. Autre revendication : l’augmentation des effectifs, insuffisants aujourd’hui. D’après Céline Riquer, une sage-femme accompagne souvent deux ou trois patientes en même temps.

Je me suis vue finir un accouchement, enlever mes gants, entrer dans la salle d’à côté, remettre une paire de gants et attraper un nouveau-né, témoigne-t-elle

Selon elle, il devrait y avoir une sage-femme par femme en travail.

Le 22 novembre, trois organisations syndicales majoritaires dans la fonction publique hospitalière ont signé un protocole d’accord avec le Gouvernement, qui entérine les hausses de salaire et la sixième année de formation. Mais la CFTC, elle, continue de réclamer une reconnaissance statutaire, une augmentation des effectifs, une revalorisation indiciaire dans le public (et pas seulement une prime), et la transposition au secteur privé des mesures accordées au secteur public. Elle a d’ailleurs déposé à cette fin des préavis de grève pour les périodes du 25 au 30 novembre et du 24 au 3 janvier, couvrant les sages-femmes travaillant en libéral, dans les établissements privés et dans le secteur public.

Laurent Barberon

Crédit photo : DR

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