Des « emplois à la c** »? Quand la question du sens fait retour…

Des « emplois à la c** »? Quand la question du sens fait retour…

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Jeudi 4 octobre 2018
Société

La formule « Bullshit job » - traduisible par « emplois à la con » - a fait son entrée dans la fameuse encyclopédie collective en ligne Wikipédia.

Témoignant d’une tendance mais loin de faire l’unanimité, cette expression est la création de l’anthropologue américain David Graeber. Son livre Bullshit Jobs est paru en septembre.

Tout commence par un premier article de David Graeber dans le magazine britannique Strike en 2013. Cet article provoque de nombreuses réactions. Son auteur y décrit l’avènement du progrès technologique censé réduire le temps de travail et permettre aux travailleurs de se consacrer à leurs loisirs.
L’exact inverse est, selon lui, en train de se produire : nous travaillons toujours plus frénétiquement, d’où le besoin d’inventer de nouveaux emplois, et, dans le lot, ces fameux « emplois à la con ».

Parmi les critères retenus par l’auteur pour qualifier ce type d’emploi : un emploi rémunéré inutile, superflu ou néfaste ; un emploi dont le salarié ne parvient pas à justifier l’existence ou encore un emploi dont la disparition ne ferait aucune différence.

De façon plus concrète, David Graeber tente de dresser une liste de ces « emplois à la con », et les premiers sont les professions dans les domaines du marketing, de la finance, de la communication… David Graeber oppose également deux typologies de métiers : les métiers socialement utiles pour la communauté (infirmiers, professeurs, agriculteurs…) versus ceux catalogués comme « superflus ».

L’ouvrage amène donc à s’interroger sur la valeur et la quête de sens au travail. Un sujet qui ne laisse pas insensibles les Français, notamment les jeunes (18-30 ans) : selon une enquête, s’ils avaient le choix entre deux emplois, sept jeunes sur dix privilégieraient le « sens » plutôt que la rémunération.

 

Sandy Durand

Crédit photographique : CC0 Creative Commons