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Perte de sens au travail : les déclics de l’engagement syndical ?

20 octobre 2021 |

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La perte de sens au travail conduirait à une forte augmentation de l’engagement syndical. Telle est la conclusion d’une récente étude de la Dares, qu’il est impératif de prendre en compte.

sens au travail

Avec la crise sanitaire, la question du sens du travail s’est reposée de manière aiguë. Effets de la financiarisation sur les conditions de travail, réorganisations successives, centres de décision éloignés des lieux de production, profusion du « reporting », fragmentation des tâches, objectifs de travail et évaluations chiffrés… Ces évolutions ont conduit certains salariés à ne plus se reconnaître dans leur activité, à ne plus la comprendre, pire : à la juger inutile.

 

Qu’est-ce qui fonde le sens que nous accordons à notre travail ?

La direction de l’Animation de la recherche, des Études et des Statistiques (Dares) du ministère du Travail a relevé ces trois « piliers » :

  • le sentiment d’utilité sociale ;
  • la capacité de développement (possibilité de se réaliser, d’apprendre, d’accroître ses compétences) ;
  • la cohérence éthique.

Elle s’est appuyée sur sa grande enquête sur les conditions de travail pour cette étude*. Un fort déficit de sens est, sans surprise, associé à une hausse de l’absentéisme pour maladie et à une probabilité accrue de départ de l’entreprise. Mais la résistance des salariés à cette dégradation peut aussi prendre la forme d’un engagement syndical (en général, une adhésion). Ce recours à des collectifs à l’heure où, justement, le collectif travail s’effrite, ne peut que nous interpeller. À nous d’être attentifs à ce besoin de solidarité et de sens, comme aux méfaits d’une individualisation excessive du travail et des performances.

Maud Vaillant

*« Quand le travail perd son sens », Document d’études de la Dares, août 2021, d’après l’enquête Conditions de travail, panel 2013-2016.

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