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Quand syndicalisme et service public vont voyager le pouvoir d’achat

29 juillet 2026 | SocialVie pratique

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Le Chèque-Vacances est un acquis social incontournable. Mais derrière ce carnet de chèques ou cette application mobile se cache une alliance historique. Entre impulsion d’État et négociation de terrain, comment la CFTC et l’ANCV collaborent-elles pour faire du droit aux vacances une réalité ?
Réponse avec Cyril Chabanier, Président de la CFTC, et Alain Schmitt, Directeur Général de l’ANCV.

CFTC.fr : Si vous deviez définir en un mot la relation qui unit vos deux structures depuis plus de 40 ans, quel serait-il ?

Cyril Chabanier : La complémentarité. Vous savez, cette année, les congés payés ont 90 ans ! La promesse de 1936, c’était « des vacances pour tous ». Mais la réalité, c’est qu’encore faut-il pouvoir se les payer, ces vacances ! C’est là que notre rôle de syndicaliste prend tout son sens. À la CFTC, notre boussole est le pouvoir d’achat et la justice sociale. L’ANCV nous fournit précisément l’outil social parfait pour transformer cette promesse historique en réalité concrète sur le terrain.

Alain Schmitt : De mon côté, je parlerai de catalyseur mutuel. L’ANCV, établissement public de l’État, a pour mission de service public de favoriser l’accès du plus grand nombre aux vacances. Cette mission a besoin d’un relais pour être incarnée dans les entreprises. Les syndicats, et tout particulièrement les équipes de la CFTC, portent son déploiement auprès des salariés. En retour, le Chèque-Vacances donne une force de frappe concrète aux élus pour déployer leurs œuvres sociales. Nous nous stimulons et nous nous renforçons mutuellement.

 

« Les congés payés ont 90 ans. La promesse ? Des vacances pour tous. Encore faut-il pouvoir se les payer… » — Cyril Chabanier

 

Cyril Chabanier, en quoi le Chèque-Vacances agit-il justement comme ce « catalyseur » pour vos élus au sein des Comités Sociaux et Économiques (CSE) ?

Cyril Chabanier : Il accélère notre capacité à faire de la justice sociale. Il fait partie intégrante de notre arsenal pour mener à bien les œuvres sociales du CSE. Pour un élu CFTC, proposer le Chèque-Vacances, c’est apporter une réponse immédiate à une attente forte des salariés sur leur pouvoir d’achat « plaisir ». Mais là où le catalyseur joue à plein, c’est dans la modulation : nous définissons des critères sociaux adossés aux revenus. Plus le salaire est modeste, plus l’aide du CSE est importante. Le Chèque-Vacances rend l’action du syndicat visible et indispensable : les salariés mesurent tout de suite l’utilité d’avoir des représentants CFTC actifs et engagés.

Alain Schmitt, cette dynamique se prolonge aussi du côté de l’ANCV, où l’action syndicale sert de tremplin à d’autres projets sociaux ?

Alain Schmitt : Tout à fait, c’est là que la boucle du « catalyseur mutuel » se ferme. Les excédents de gestion du Chèque-Vacances sont en effet intégralement consacrés aux programmes d’action sociale pour financer les vacances des personnes qui en sont éloignées : familles ou adultes isolés en situation de précarité, jeunes des quartiers populaires ou en insertion, seniors isolés ou en situation de dépendance, personnes en situation de handicap ou gravement malades, femmes victimes de violences, enfants et jeunes protégés, aidants… En clair : quand la CFTC active le levier du Chèque-Vacances dans une entreprise, elle contribue à la solidarité nationale au-delà des murs de l’entreprise.

Le paysage du travail change. Comment ce rôle de catalyseur s’adapte-t-il aux nouveaux défis, notamment la digitalisation et les petites entreprises ?

Alain Schmitt : Il se modernise avec le Chèque-Vacances Connect, format digital fondé sur une application mobile. Les syndicats ont été précieux pour faire remonter les réalités du terrain tout au long de cette transition numérique. Aujourd’hui, notre objectif commun est d’accélérer l’accès au dispositif dans les TPE et PME, où le besoin reste important et où le tissu syndical a un vrai rôle d’information et de conseil à jouer auprès des dirigeants.

Cyril Chabanier : C’est tout l’enjeu. Le rôle de la CFTC est d’apporter les acquis sociaux là où ils sont les moins présents. Le Chèque-Vacances est un argument d’attractivité majeur pour les petits patrons, avec des exonérations fiscales à la clé. En agissant comme prescripteurs auprès de ces petites structures, nos militants étendent le bouclier social.

Un mot de conclusion sur l’avenir de cette alliance ?

Alain Schmitt : Le Chèque-Vacances est un formidable moteur de progrès social. Il a besoin pour cela de l’engagement des organisations syndicales et de leurs élus de terrain.

Cyril Chabanier : Et vous pouvez compter sur l’engagement de ceux de la CFTC !