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[Passage média] Le maintien dans l’emploi des intérimaires : une priorité

9 décembre 2020 | La CFTC dans les médiasSocial

[#Vidéo MàJ du 16/12/2020] Agnès Bourduge-Marchat, présidente du Syndicat national CFTC du travail temporaire, dresse un point de la situation et des combats du secteur de l’intérim, vigie de l’emploi en général.

Quelle est la situation actuelle dans l’intérim ?

Agnès Marchat : En mai, le travail temporaire a perdu 550000 postes. Plusieurs secteurs étaient totalement à l’arrêt. À la rentrée de septembre, on a fait face à une diminution de 19,6% des emplois, par rapport à la même période l’an passé. La majorité des branches est touchée : commerce, BTP, industrie, hôtellerie, aviation, tourisme… Seul le transport-logistique embauche.

Dès lors, sur quelles problématiques majeures votre syndicat est-il mobilisé ?

En premier lieu : la sécurité de nos salariés ! Mais aussi le maintien dans l’emploi, évidemment, ainsi que le maintien de la prévoyance. Heureusement, pendant le confinement du printemps, les pertes économiques des salariés intérimaires ont été amorties. Grâce au droit au chômage partiel durant toute la durée de leur mission, si celle-ci ne pouvait plus avoir lieu. Et nous, nous étions mobilisés pour sécuriser la continuité des parcours de formation des intérimaires, interrompus par la crise sanitaire.

En juillet, les partenaires sociaux de la branche du travail temporaire ont signé un accord pour assouplir la réglementation du secteur. Quels en sont les points marquants ?

Dans cet accord, il y a de nombreux points à améliorer. Par exemple, nous aurions souhaité parler de la mobilité volontaire. De nombreux salariés, qu’ils soient intérimaires ou permanents, peuvent être mobiles géographiquement – pour se rendre sur différents bassins d’emploi – et professionnellement – pour travailler dans des secteurs en tension. Pour les soutenir, il convient d’envisager le versement d’indemnités kilométriques, d’aides au logement et au déménagement… Nous aurions aussi voulu un engagement fort des entreprises sur leur utilisation du FNE (Fonds national de l’emploi), avec une reconnaissance des actions suivies (diplômes, qualifications).

En outre, nous restons extrêmement vigilants quant à la non-précarisation des intérimaires sur le long terme. Je pense à l’assouplissement des conditions de recours à l’intérim pour faire face à la crise. Par exemple, la création du motif « Reprise d’activité Covid-19 », qui permet à une entreprise de faire appel à nous pour des missions non prévues par le Code du travail*. Il faut garder en tête qu’il s’agit de dispositions d’urgence. En revanche, nous comptons beaucoup sur la négociation de la GPEC de branche, dont l’accord prévoit la mise en place !

En quoi cette négociation est-elle primordiale ?

Nous ne pouvons pas évoquer la mobilité ou la création de passerelles vers les emplois en tension sans une GPEC digne de ce nom ! Dans certaines grandes entreprises et notamment les majors, il y a des GPEC qui s’assimilent plutôt à une antichambre de PSE… Nous allons donc suivre cela de très près. Si une GPEC est bien négociée, elle peut constituer une véritable opportunité pour les salariés et un tremplin vers l’emploi.

Le plus gros employeur du secteur (en chiffre d’affaires), Adecco, a annoncé un nouveau type de contrat : le CDI apprenant. De quoi s’agit-il ?

Avec le CDI apprenant, l’objectif était de recruter 3 000 intérimaires d’ici la fin 2020 et 15 000 au total sur 17 métiers en tension qui ont été identifiés. 400 000 emplois seraient en effet non pourvus. Ce sont les CDI intérimaires, un contrat créé en 2013 garantissant une rémunération entre deux missions, qui sont ici ciblés. Des passerelles seront identifiées, puis les intérimaires apprenants rémunérés tout au long de leur formation, et ce, jusqu’à l’obtention d’une certification ou d’un diplôme. Nous suivrons l’évolution de ce nouveau CDI apprenant. Mais nous resterons vigilants à la fois sur le strict respectdu volontariat, sur le maintien de la rémunération, comme bien entendu sur la qualité du parcours de formation.

En cette période de pandémie, parlons aussi des travailleurs intérimaires dans les hôpitaux…

Je souhaite évoquer un point extrêmement révoltant à leur sujet. Cessalariés intérimaires du personnel soignant ont été totalement exclus de la prime Covid, au seul motif que leur statut ne le permettait pas ! La CFTC, avec d’autres OS, a interpellé le ministre de la Santé à ce sujet. Nous estimons qu’il y a une remise en cause du principe même de l’égalité de traitement. À ce jour, nous n’avons pas reçu de réponse. Mais nous ne lâcherons pas.

Propos recueillis par SB

* La conclusion d’un contrat de travail temporaire n’est possible que pour l’exécution d’une tâche précise, dénommée mission, seulement dans les cas énumérés par la loi et pour une durée limitée.

Agnès dans le 20h de France 2

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