La CFTC fait entrer la QVT à la Matmut

La CFTC fait entrer la QVT à la Matmut

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Vendredi 26 juillet 2019
Qualité de vie au travail

La CFTC de la Matmut a signé le premier accord de l’entreprise sur la qualité de vie au travail (QVT). Au programme : droit à l’erreur, libération de la parole et projet « Vis ma vie ». De quoi transformer la culture de l’assureur.

C’est une première à la Matmut ! La CFTC a signé un accord d’entreprise sur la qualité de vie au travail (QVT). Adopté le 15 mai 2019, le texte s’applique désormais à toutes les entités du groupe, sur tout le territoire. Bienveillance et droit à l’erreur, défendus par la CFTC, sont les maîtres-mots de cet accord. Mais leur traduction dans les faits nécessitera un changement de culture dans l’entreprise. C’est à ce prix que les salariés de la Matmut pourront relever le défi de la transition numérique.

 De “l’hyper-contrôle” au droit à l’erreur : un changement de culture

Le texte a été signé à l’unanimité des partenaires sociaux. Ceux-ci y ont fait inscrire les concepts de bienveillance et de droit à l’erreur. Florence Le Masson, déléguée syndicale CFTC à la Matmut, a participé à la négociation de l’accord QVT.« Nous allons maintenant pouvoir nous référer à un texte », se félicite-t-elle.

« L’erreur peut être source d’apprentissage et/ou d’amélioration de la performance, affirme l’accord. Accepter l’erreur […] permet de se concentrer sur les réussites et de renforcer la confiance ». Ça n’a l’air de rien mais « c’est un changement de culture », explique la déléguée CFTC. « À la Matmut, on est dans une culture de l’hyper-contrôle, du process et de l’évaluation », poursuit-elle. « Il n’y a pas de libération de la parole et les salariés ont peur de la sanction ».

Communiquer en interne sur l’accord QVT

Dans ce contexte, la mise en œuvre de l’accord QVT apparaît donc comme un défi. La section CFTC est bien décidée à le relever. « Il ne faudrait pas que cet accord ne soit qu’une façade », prévient Florence Le Masson. Celle-ci réclame une communication de la direction des ressources humaines. Elle demande aussi l’organisation d’échanges entre les salariés et leurs managers. Ces derniers devront être formés, estime-t-elle. Ils doivent apprendre, selon elle, à valoriser le positif plutôt que de souligner les erreurs.

« La section CFTC tient aussi à communiquer auprès des salariés », insiste Florence Le Masson. Elle « fait déjà un gros travail d’information sur les accords signés », poursuit-elle, en utilisant des outils de communication numériques : 

 Psychologues et cabine de téléconsultation

L’accord QVT ne se résume pas au droit à l’erreur. « On a dû négocier fermement pour obtenir un paragraphe sur la gestion des risques psychosociaux », raconte Florence Le Masson. Cela passe en particulier par la mise en place de dispositifs d’accompagnement et d’écoute :

  • Possibilité de consulter un psychologue du travail.
  • Service d’assistance psychologique externe, 24 heures sur 24 et sept jours sur sept.
  • Possibilité de solliciter un médiateur extérieur en cas de conflit au travail.
  • Cabine de téléconsultation au siège social pour consulter un médecin.

“Vis ma vie” à la Matmut

A été confirmée, par ailleurs, la mise en place d’un Observatoire du Climat Social. Chaque trimestre, l’institut de sondage Harris-Interactive va interroger un panel de salariés, de manière anonyme. L’objectif : mieux comprendre leurs attentes et améliorer leurs conditions de travail. « C’est un premier pas, estime Florence Le Masson. Mais il faudra encore du temps pour en tirer un bilan global. »

Autre nouveauté, portée principalement par la CFTC : le projet « Vis ma vie ». Celui-ci permettra par exemple à un salarié du siège social d’échanger son poste avec un collègue en agence, pendant quelques jours. « On ne connait pas les difficultés de chacun », argumente Florence Le Masson. « Et c’est une façon de créer un esprit de groupe ». Ces périodes d’immersion se feront sur la base du volontariat.

À signaler aussi : 

Le droit à l’erreur au service de la transition numérique

« Cet accord, nous l’avons négocié dans un esprit CFTC », explique Florence Le Masson. « Nous pensons que performance économique de l’entreprise et performance sociale sont indissociables. Or, la Matmut est en pleine transition numérique. » La déléguée CFTC évoque la mise en place de nouveaux outils, comme la gestion électronique des documents. 
« Tout le monde n’avance pas au même rythme pour se les approprier. Il faut faire attention aux risques psychosociaux et à la santé des salariés. Il faut que chacun ose dire : « je n’y arrive pas »».