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L’apparence physique reste un critère fréquent de discrimination

18 novembre 2019 | Social

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Les discriminations fondées sur l’apparence physique ne tarissent pas dans le monde professionnel. Coiffures, morphologie, tatouages et piercings demeurent des obstacles à l’embauche ou des motifs de conflits au travail.

Au point que le Défenseur des Droits a estimé nécessaire de livrer une “décision-cadre” sur le sujet. L’enjeu ? Sensibiliser et informer, les salariés, les employeurs, mais aussi les représentants du personnel – tous concernés.

Le document produit par le Défenseur des Droits contient des éléments de doctrine et des références juridiques, mais ne s’y limite pas. On peut aussi y lire des constats informés sur l’état et l’évolution de notre société “pétrie d’images” et au sein de laquelle “le poids des apparences est devenu considérable dans le domaine de l’emploi alors même qu’avoir un physique particulier est rarement essentiel, pertinent ou déterminant pour exercer une activité professionnelle donnée ». Un critère abusif donc, mais “complexe à appréhender pour les employeurs dans la mesure où il renvoie aux biais cognitifs les plus inconscients”.

La pratique de discrimination sur l’apparence physique passe en effet souvent inaperçue, voire est considérée comme normale, dans la mesure où “certains recruteurs estiment […] que dans la mesure où elle reflète l’identité sociale, l’apparence constitue un élément d’information pertinent dans le cadre du processus d’embauche”.

De ce point de vue, l’enjeu pour le recruteur serait de rechercher un candidat dont l’image “correspondrait à celle de l’employeur”. Rien de plus normal ? Pour Jacques Toubon, le Défenseur des droits, il en va autrement. Certes, “le droit européen et le droit de l’Union européenne […] n’interdisent pas les discriminations fondées sur l’apparence physique en tant que telle” mais “ils les interdisent, indirectement ou implicitement, sur d’autres fondements tels que le droit à la protection de l’intégrité physique, des libertés de l’interdiction des discriminations fondées sur la race, l’origine ethnique, le sexe, le handicap, l’âge etc.”.

Pour le Défenseur des Droits, l’apparence physique est “l’un des critères les plus fréquents de discrimination”, et il importe, non seulement d’alerter les consciences, mais aussi de sensibiliser et former.

Télécharger le document de synthèse du Défenseur des Droits (www.defenseurdesdroits.fr)

C’est quoi, le Défenseur des Droits ?

Le Défenseur des Droits est une autorité administrative qui est chargée, comme son nom l’indique, de défendre les droits des citoyens de la République française.

Capable d’autosaisine, il est en mesure d’alerter sur des situations jugées critiques, et produit également des rapports et études, parfois en partenariat avec d’autres institutions, comme le Bureau de l’OIT pour la France.

Crédit photographique : Hector Argüello Canals / Unsplash

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