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Quand le dialogue social fait ses preuves !

2 décembre 2020 | La CFTC dans les médiasSocial

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Dans la période de crise que nous connaissons, la sagesse invite à ne pas se tromper de « timing ». Le temps du social et de l’économie doit, plus que jamais, rester le temps du dialogue entre les partenaires sociaux et le gouvernement.

Succomber, dans un tel contexte, à la tentation de la « petite phrase », histoire de marquer un territoire, de tester un positionnement c’est abuser les salariés que nous représentons et, plus largement, nos concitoyens.

La signature prochaine de l’accord « télétravail » par 3 organisations patronales, 3 voire 4 organisations syndicales constitue le parfait exemple de ce que doit être le dialogue social en ces temps difficiles. Certes, le texte n’est pas parfait mais en signant, nous prouvons à nos mandants que nous sommes capables, dans une certaine urgence, de bâtir un compromis visant à mieux encadrer des situations de travail au travers desquelles se joue le fragile équilibre entre « santé au travail » et « préservation de l’emploi ». La présence dans le texte d’un article instituant un « télétravail de crise » en atteste. Là n’est pas d’ailleurs le seul bienfait du texte. Ce dernier a aussi ses effets sur le long terme, avec ou sans crise. Il anticipe le « monde d’après » en mettant à disposition des branches puis des entreprises un cadre à partir duquel elles pourront repenser et négocier l’organisation future du travail dont l’une des formes dominantes, révolution numérique oblige, sera le télétravail. Le mérite de cet ANI est aussi et plus simplement de remettre de l’ordre dans l’imbroglio de textes qui ne facilitait pas la tâche des négociateurs jusqu’à maintenant. S’en remettre à l’ANI de 2005 pour les uns, aux ordonnances de 2017 pour les autres, était la plus sure façon de ne pas s’entendre !

Pragmatique, réactif et prospectif tout en même temps, je le redis, cet accord constitue le parfait exemple du bon usage que l’on doit faire du dialogue social en temps de crise ! Charge maintenant au gouvernement de bonifier le texte en inscrivant dans le code du travail les mesures qui peuvent l’être ! Me vient à l’esprit, pour équilibrer mon propos, le contre-exemple ou l’illustration de ce que pourrait être le « mauvais usage » du dialogue social en temps de crise : la réforme des retraites. Alors que l’éventualité de basculer à terme dans un système plus universel, plus juste et plus pérenne se conçoit, des petites phrases, des amendements au Sénat nous rejouent la petite musique d’une réforme, dans l’urgence, des paramètres habituels. Repousser l’âge légal de départ, accroître la durée d’assurance, le tout saupoudré de décotes en tous genres… Qui ne voit que l’on tente là d’adresser au futur régime des retraites tout ou partie de la facture du plan de relance ? L’avenir des retraites mérite mieux qu’une instrumentalisation à peine déguisée du dialogue et de ses acteurs.

Nos concitoyens n’accepteront pas de supporter seuls, au prix de leur emploi, de leur protection sociale les conséquences de la crise. Parce que ces dernières aggravent trop souvent le déficit de vision stratégique des directions d’entreprises, la CFTC prône la montée en gamme de nos produits et services. Elle y voit la finalité du plan de relance en même temps que son mode de financement. Le tout sur un temps long, celui d’un dialogue social mature où les partenaires se respectent !

Passage média

Retrouvez l’intervention de Cyril Chabanier sur LCI  (02/12/2020) (à partir de 10:01)

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