“On essaye de rester soudés”, Sophie, agent de contrôle

“On essaye de rester soudés”, Sophie, agent de contrôle

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Mardi 24 mars 2020
Crise du Covid-19

Sophie Vaz, 50 ans, est agent de contrôle dans l’industrie pharmaceutique à Annemasse (74) depuis huit ans. DS CFTC et secrétaire CSE au sein l’entreprise Labcatal, elle déplore le manque d’intérêt de la direction pour les inquiétudes des salariés.

Quelles mesures ont été prises au sein de votre entreprise depuis l’arrivée du Covid-19 ?

Vu notre secteur d’activité, on appliquait déjà des règles d’hygiène assez drastiques. On les a renforcées, chaque salarié doit se laver les mains plus souvent, dès qu’il change de zone. Ceux qui le souhaitent portent masque et gants. En revanche, pas de télétravail pour la production ni pour quelques membres du personnel administratif. Nous sommes obligés de venir travailler sur site. Pourtant, la direction et la plupart des personnes du siège social sont en télétravail, elles.

À quelles difficultés êtes-vous confrontée au quotidien ?

Elles sont nombreuses. Les gens sont extrêmement inquiets et malgré les bonnes conditions d’hygiène dans lesquelles nous évoluons, les directives de santé mises en place, les gens ne sont pas rassurés, ils ont peur. En tant que DS, nous écoutons toutes ces doléances, et les faisons remonter ; mais ils ne nous écoutent pas, « en haut ». Il faut bosser, peu importe les risques encourus. Nous avons l’impression qu’« ils » nous mettent en danger, ainsi que nos proches puisque nous sommes susceptibles de les contaminer. Les gens deviennent très nerveux, c’est extrêmement stressant. 

Avez-vous noté aussi de beaux gestes de solidarité ?

À titre personnel, je déplore l’individualisme ; les gens ne proposent pas leur aide et pire, ne respectent pas les consignes de sécurité. À titre professionnel, on se soutient, notamment au CSE. D’ailleurs, comme il n’y a pas assez de personnel d’entretien, on se propose, à tour de rôle pour désinfecter les poignées de porte. On essaye de rester soudés.

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