« Des décisions urgentes pour protéger les populations scolaires », Annie Toudic

« Des décisions urgentes pour protéger les populations scolaires », Annie Toudic

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Vendredi 20 novembre 2020
Crise du Covid-19

Le Snec-CFTC pèse plus de 34 % dans l’enseignement privé. Sa présidente, Annie Toudic, livre sa vision nationale de la situation dans les établissements, et expose les options militantes du syndicat.

Faire déborder la boîte aux lettres d’Emmanuel Macron. C’est, en exagérant le trait, ce que préconise Annie Toudic, la présidente du Snec (syndicat national de l’enseignement chrétien), pour protéger personnels et enseignants. En effet, le Snec-CFTC appelle urgemment dans un courrier adressé au président de la République, à « une décision rapide et efficace du gouvernement envers le million de personnels et les 12 millions de jeunes concernés ». Et qu’enseignants et autres personnels des établissements privés sous contrat, adhérents ou non, se greffent au projet, en suivant le modèle de la lettre disponible sur le site du Snec-CFTC. « Plus il y aura de courriers dans la boîte aux lettres d’Emmanuel Macron, plus nous aurons de chance d’être entendus … Pour la sécurité de tous. »

La cause de cette mobilisation ? Une écoute légère voire défaillante de la part du ministère sur la crise sanitaire à l’école : « Nous déplorons le manque de considération du ministre de l’Éducation nationale à l’égard de ses personnels, explique Annie Toudic. Au Snec-CFTC, les informations nous parviennent d’abord par la presse. Nous ne les recevons de la part du ministère que plus tard. Que ce soit au ministère ou dans les rectorats, aucun interlocuteur n’est identifié. Nous ne savons pas à qui faire remonter les situations locales problématiques. »

Et pourtant. La crise est bien là. « Les conditions de mise en œuvre du protocole sanitaire ne permettent ni aux élèves, ni aux personnels – et pas seulement les enseignants – de se sentir réellement protégés. », constate Annie Toudic. Le Snec-CFTC reçoit de très nombreux témoignages qui attestent de la légèreté du dispositif sanitaire dans les établissements scolaires, ou de sa difficile application. Face à cela, plutôt que d’appeler à la grève, mardi 10 novembre, le syndicat a préféré permettre aux enseignants d’exprimer leur inquiétude ou leur mécontentement là où la situation locale le justifiait. Et de les outiller avec un modèle de courrier et des conseils pour exercer leur droit de retrait auprès de leur chef d’établissement. « En effet, détaille sa présidente, il existe des établissements où l’on trouve un fonctionnement acceptable. Alors que, dans d’autres endroits, c’est beaucoup plus compliqué, en particulier en ce qui concerne la circulation dans les couloirs, la restauration ou encore les classes à fort effectif. Et si, pour les lycées, le ministre a ouvert la porte à la possibilité de poursuivre les enseignements en partie en distanciel, en revanche, dans les collèges et les écoles, les élèves restent à 100 % en classe. » A titre informatif, le Snec-CFTC rappelle que l’envoi d’un courrier au président de la République est dispensé d’affranchissement. A bon entendeur…

Lire aussi les témoignages des enseignants :

Stéphanie Baranger