Plan d’urgence : la CFTC reconnaît les efforts mais mise sur le long terme

Plan d’urgence : la CFTC reconnaît les efforts mais mise sur le long terme

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Jeudi 28 novembre 2019
Hôpitaux

La CFTC reconnaît l’effort financier consenti par le Gouvernement avec son plan d’urgence des hôpitaux. Cependant, elle vise le long terme pour apporter une réponse à la crise des hôpitaux.

La CFTC prend toute la mesure de l’effort financier que représente le plan d’urgence pour les hôpitaux présenté le 20 novembre 2019. Celui-ci assouplit la rigueur budgétaire qui étouffe les hôpitaux et leurs personnels. La CFTC attend néanmoins de connaître la répartition des moyens pour en apprécier pleinement la pertinence. Quoi qu’il en soit, il s’agit là d’une (nécessaire) réponse de court terme. Mais la CFTC estime qu’à long terme, c’est le système de santé dans son ensemble qui doit être repensé.

Les mesures annoncées par le Premier Ministre et la ministre de la Santé sont essentiellement financières :

  • Rallonge de 1,5 milliard d’euros sur trois (dont 300 millions en 2020) pris dans le budget de l’Assurance maladie.
  • Révision de l’Objectif national des dépenses d’assurances maladie (ONDAM) de 2,3 % à 2,45 % (la CFTC demandait 2,5 %). L’ONDAM détermine la progression annuelle des dépenses d’assurance maladie.

Ainsi, de nouvelles primes, notamment, vont être financées :

  • 100 euros net par mois à partir de 2020 pour les aides-soignants qui ont acquis des compétences en gériatrie ;
  • 800 euros par an pour les infirmiers et aides-soignants qui travaillent dans l’agglomération parisienne et gagnent moins de 1.900 euros par mois ;
  • 300 euros par an pour 600.000 soignants qui auront fait preuve d’un investissement particulier.

La CFTC reconnaît l’effort financier mais elle aurait préféré un relèvement du point d’indice, c’est-à-dire une revalorisation générale des salaires. De plus, elle met en garde contre les risques de tensions entre équipes, puisque tout le monde n’aura pas droit à ces primes. Elle attend enfin une définition précise de leurs critères d’attribution.

À ces dispositions s’ajoutent des mesures d’investissement, financées par le budget de l’Etat :

  • Reprise d’un tiers de la dette des hôpitaux, qui s’élève en tout à 30 milliards d’euros ;
  • 150 millions d’euros pour l’achat de matériel et des rénovations légères ;
  • Augmentation des tarifs hospitaliers d’au moins 0,2 % par an jusqu’en 2022.

La CFTC, qui réclamait une relance de l’investissement, est partiellement exaucée. Celle-ci estime néanmoins le montant insuffisant pour prendre le tournant de l’intelligence artificielle et du numérique.

À cette liste non-exhaustive, ajoutons qu’il est prévu de mieux contrôler le plafonnement de la rémunération des intérimaires. Et de créer un dispositif d’intérim public. La CFTC souhaite justement le développement de marchés régionaux de l’intérim. Les hôpitaux, en se regroupant, pourraient ainsi peser face aux dérives tarifaires de certains intérimaires.

Plus généralement, la CFTC considère que la crise des hôpitaux doit être abordée selon deux temporalités.

À court terme, une hausse significative des budgets des établissements est nécessaire. C’est la fonction de ce plan d’urgence.

Mais à long terme, la résolution de la crise des hôpitaux passe, pour la CFTC, par une meilleure coordination des soins en dehors de l’hôpital. Celui-ci est en effet placé à tous les niveaux de prise en charge : premier recours (médecine générale), deuxième recours (spécialités), urgences, chirurgie lourde… La médecine de ville doit le soulager, notamment grâce au développement des hôpitaux de proximité, des maisons de soins et aux futures Communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS). C’est le sens du plan Ma Santé 2022, présenté en 2018, qui reprend un grand nombre des 32 propositions de la CFTC.

Laurent Barberon

Crédit photographique : pixabay