PLAN DE RELANCE en région : “Ne pas perdre de vue les situations concrètes”

PLAN DE RELANCE en région : “Ne pas perdre de vue les situations concrètes”

Partager

Mardi 5 janvier 2021
Crise du Covid-19

Bernard Augustin-Ollagnon, militant CFTC, est l’auteur, avec d’autres responsables syndicaux, de 2 lettres ouvertes adressées au préfet et au président de région.

L’intersyndicale demande à être davantage impliquée dans l’élaboration et le suivi des dispositifs régionaux de la relance.

Pourquoi avoir adressé des lettres ouvertes au préfet et au président de région à ce sujet ?

Aujourd’hui les organisations syndicales sont ignorées dans la région. Or, nous voulons participer, prendre part à la réflexion et aux décisions, contribuer à la mise en œuvre du plan de relance.

Pour être enfin entendus, nous avons adressé une lettre ouverte au préfet et au président de région. A ce jour (05/01/2020), nous n’avons reçu aucune réponse.

En prise avec le terrain et en lien avec les salariés, nous pouvons et nous voulons humaniser ce plan, qui est assez largement centré sur les entreprises. Alors, ne nous méprenons pas : soutenir les entreprises est une bonne chose, absolument nécessaire, mais il importe aussi de ne pas perdre de vue les parcours de vie et les personnes qui rencontrent des difficultés concrètes, derrière les tableaux de bord, les ratios et les pourcentages. Dans ce plan, rien n’est prévu pour les personnes ! Rien pour les gens qui ne vont pas pouvoir payer leur crédit, qui ne vont plus pouvoir continuer à financer les études de leurs enfants, qui vont se retrouver dans des situations de plus en plus critiques… Les partenaires sociaux peuvent témoigner de ces situations et chercher à y remédier, en pensant des dispositifs dédiés à l’emploi et à la formation, notamment, pour les aider à sortir la tête de l’eau.

Portez-vous d’autres revendications ?

Oui, nous voulons que l’attribution d’aides aux entreprises engage ces dernières. Que l’argent versé vise le maintien de l’emploi, et que son utilisation soit contrôlée. Aujourd’hui nous n’avons aucun moyen de savoir comment l’argent est employé. On ne peut pas se contenter de promesses à ce sujet ! Et il ne s’agit pas de se montrer inflexibles : une entreprise peut, malheureusement cela arrive, être amenée à cesser ses activités en dépit du versement d’aides. Mais à tout le moins on doit s’assurer que ces dernières ont été utilisées à bon escient. Nous craignons en effet les effets d’aubaine et les abus, comme ceux constatés avec les dispositifs d’activité partielle.

Dans vos interventions, vous mentionnez le CREFOP et soulignez le rôle central qu’il pourrait jouer dans la déclinaison régionale du plan de relance…

Oui. Le Crefop est le comité régional de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelle. Il s’agit d’une instance quadripartite, qui rassemble des représentants de l’Etat, de la Région, des employeurs et des salariés. Organe de concertation, d’évaluation et de consultation, il dispose d’une expertise inégalée pour toutes les questions d’emploi et de formation, dans une région donnée. Mais aussi de réelles capacités de prospective ! En novembre 2019, nous avions organisé un forum réunissant plus de 200 personnes. Son objectif ? Anticiper les crises. C’est dire que l’on n’est pas complètement à côté de la plaque quand même. Donc on a déjà des réponses, des solutions ! Et l’on veut pouvoir faire des propositions, jouer notre rôle, tout simplement. Le CREFOP doit pouvoir retrouver sa juste place, la place que tout simplement il mérite.

Il a été question de créer des dispositifs ou autres comités de suivi. Le CREFOP peut parfaitement jouer ce rôle. Il suffit de le réunir plus souvent, et d’interagir davantage.

* CREFOP : comité régional de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelle. Bernard Augustin-Ollagnon est chef de file emploi-formation dans son union régionale et vice-président du CREFOP d’Auvergne-Rhônes-Alpes.

 

Télécharger le communiqué de presse de l’intersyndicale (.pdf)