Suivez-nous

CPF : ce qui change, ce qui interroge

27 février 2026 | Social

  • Partage

Le gouvernement avait inscrit dans le budget 2026 des mesures qui plafonnent le recours au compte personnel de formation (CPF), entrées en vigueur ce 26 février. Si la CFTC peut entendre que l’Exécutif veuille mieux cadrer l’usage du CPF, certains des changements liés à son utilisation – comme la hausse de 50 % du reste à charge dont doivent s’acquitter les salariés – pourraient fragiliser les parcours professionnels de certains actifs, en particulier des plus précaires.

Prévu dans la loi de finances 2026, le plafonnement de la prise en charge des droits issus du compte personnel de formation (CPF) est entré en vigueur ce jeudi 26 février 2026. Pour rappel, le compte personnel de formation (CPF) est un dispositif public que tout actif peut mobiliser. Il a pour objet de financer des formations qualifiantes et diplômantes (référencées sur Mon Compte Formation), en vue de gagner en compétences ou de se reconvertir professionnellement.

Pour les salariés travaillant au moins à mi-temps, le CPF est crédité de 500 euros par an, dans la limite d’un plafond de 5 000 euros. Il est même alimenté de 800 euros annuellement – dans une limite de 8 000 euros – pour les salariés moins qualifiés, ainsi que ceux souffrant d’un handicap (et donc d’autant plus légitimes à bénéficier de soutiens financiers à une formation ou une reconversion). Quel que soit le prix de sa formation, le salarié doit par ailleurs s’acquitter d’un reste à charge pour en bénéficier, fixé début janvier 2026 à 103,2 euros.

Une hausse de 50 % du reste à charge

La dernière loi de finances introduit cependant des changements significatifs au fonctionnement de ce CPF, effectifs à partir de ce jeudi 26 février. D’abord, elle prévoit une hausse du reste à charge sur le CPF: un décret devrait en effet prochainement relever de 50 % ce reste à charge, qui passerait ainsi de 103,2 euros à 150 euros en 2026. Par ailleurs, la loi de finances 2026 prévoit aussi le plafonnement de l’utilisation du CPF à 1 500 euros pour certaines formations (voir encadré plus bas) , à 1 600 euros pour les bilans de compétences et à 900 euros pour le permis de conduire. Du fait de ce plafonnement, un salarié devra donc plus souvent payer de lui-même une partie de sa formation, et ce, même s’il a plus de fonds à disposition sur son compte CPF que le prix de la formation concernée. Quelques exceptions demeurent toutefois : le recours au CPF reste ainsi déplafonné pour le passage des permis poids lourds, en vue d’inciter les actifs à s’orienter vers les métiers du transport et de la logistique, qui sont confrontés à une forte pénurie de main-d’œuvre.

Quelles formations sont concernées par le plafonnement de l’utilisation du CPF à 1500 euros?

Un salarié ne peut désormais pas mobiliser plus de 1500 euros issus de son CPF pour financer les formations enregistrées au répertoire dit « spécifique ». Celles-ci délivrent, entre autres exemples, des habilitations pour l’exercice d’un métier, des certifications informatiques transversales, de langues étrangères, de soudure, etc. (seule la certification CléA n’est pas concernée par ce plafonnement).

Si la CFTC considère que le recours au CPF a parfois pu générer des dérives, certains de ces ajustements peuvent interroger. Notre organisation condamne en particulier la hausse de 50 % du reste à charge sur le CPF : la CFTC s’est en effet toujours opposée à la mise en place d’une telle participation obligatoire au compte personnel de formation. Elle rappelle aussi que le gouvernement s’était par le passé engagé – sans résultat à ce jour – à ouvrir une concertation afin d’élargir les publics exemptés de ce reste à charge. En complément des publics déjà éligibles, la CFTC milite pour que les personnes en situation de handicap, les parents isolés, les personnes à faibles revenus et les personnes à temps partiel soient aussi exemptées de ce reste à charge.

Des formations moins accessibles aux plus précaires

Notre organisation regrette aussi que le compte personnel de formation ne puisse plus financer au-delà de 1 600 euros le bilan de compétences des salariés. Cet outil de diagnostic – mobilisé par près de 84 000 salariés en 2024 – a en effet largement fait ses preuves et s’est révélé très utile pour aider les travailleurs à élaborer un projet de formation, d’évolution ou de reconversion professionnelle. Le coût moyen d’un bilan de compétences s’élevant à près de 1 950 euros en 2024 selon la Caisse des dépôts, ce plafonnement de l’usage du CPF signifie donc que de nombreux salariés devront financer une partie de ce diagnostic avec leurs propres moyens. Les salariés les moins favorisés pourraient donc être davantage susceptibles de renoncer à ce bilan professionnel, bilan qui sert par ailleurs de boussole stratégique aux travailleurs pour ensuite entamer des formations et reconversions conformes à leurs profils, envies et compétences.

Cette restriction sur le bilan de compétences s’ajoute ainsi à la hausse du reste à charge sur le CPF : elles devraient toutes deux avoir pour principales conséquences une baisse notable des actions de formation via le CPF – notamment auprès des salariés les plus précaires (ouvriers, employés, temps partiel…) – et, d’autre part, une remise en cause de l’accès pour tous à la formation tout au long de la vie. Il convient toutefois de préciser que la loi de finances 2026 ne fragilise et ne restreint pas l’accès au compte personnel de formation de certains publics spécifiques, ceux-ci restant exonérés du reste à charge sur le CPF pour financer leur formation. Pour  rappel, cette exemption concerne:

-Les demandeurs d’emploi
-Les salariés bénéficiant d’une formation cofinancée par leur employeur, l’opérateur de compétences (OPCO), ou utilisant leur compte professionnel de prévention (C2P) ou leur abondement en cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle (AT-MP).

AC

Actualités, ressources, ne manquez rien abonnez-vous à notre newsletter

Actualités, ressources, ne manquez rien…

Abonnez-vous à la newsletter !