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Pour un congé paternité allongé, et plus souple !

11 septembre 2020 | Social

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La commission sur les 1000 premiers jours de l’enfant, présidée par le neuropsychiatre Boris Cyrulnik, a remis mardi 8 septembre un rapport préconisant, entre autres choses, l’allongement du congé paternité. Une revendication portée de longue date par la CFTC, qui estime toutefois qu’un certain nombre de conditions doivent être remplies pour assurer la pleine efficacité du dispositif

Des enjeux affectifs… et domestiques

Donner au père la possibilité d’être présent dès les premiers jours de son enfant est un atout essentiel pour la création de liens affectifs durables, favorisant une plus grande implication du père dans la vie familiale. Le rapport sur les 1000 premiers jours fait état des nombreux bénéfices associés à sa présence accrue. Ceux-ci portent autant sur le développement de l’enfant que sur le partage des tâches domestiques. Le rapport précise ainsi que « des études dans plusieurs pays nordiques illustrent combien s’occuper d’un bébé rend les pères plus confiants en tant que parent et plus compréhensifs à l’égard des tâches domestiques ».

Mais aussi professionnels !

Il est par ailleurs établi que l’arrivée d’un enfant pénalise la vie professionnelle de la mère, alors que l’impact sur celle du père est quasi-inexistant. Pour la CFTC, une bonne refonte du congé paternité permettrait de basculer d’un risque portant sur la vie professionnelle de la mère, à un risque partagé par les deux parents. L’allongement du congé paternité contribue à un tel basculement, en favorisant une meilleure répartition de la charge liée à la naissance de l’enfant, et en réduisant la fatigue et le sentiment de solitude de la mère.

Extrait

« L’engagement du père avec le bébé a des effets positifs sur son développement. La présence du père/second conjoint est également importante pour soutenir la mère, notamment dans la période périnatale, diminuant le risque d’épuisement psychique et de dépression chez celle-ci. »

(Les 1000 premiers jours, rapport de la commission, septembre 2020)

Toutefois, l’allongement du congé paternité ne doit pas se faire au détriment des revenus du foyer, auquel cas, l’effet attendu ne serait pas au rendez-vous ! Or, ce sont bien des résultats concrets, et durables, que la CFTC attend de ce nouveau congé paternité, et non des effets d’annonce. C’est pourquoi la CFTC estime indispensable de maintenir un principe de libre choix, permettant à chacun de décider d’activer, ou non, ce droit. Un congé obligatoire, en plus de poser des problèmes juridiques importants, risquerait d’être perçu, non comme une avancée sociale, mais comme une obligation de diminuer ses revenus !

Reste néanmoins à garantir les conditions de possibilité du choix. Pour ce faire, la CFTC propose :

  • de lever les réticences liées aux conséquences d’une absence durable en rendant fractionnable le nouveau congé paternité. Un congé fractionnable permet notamment de réserver des jours pour participer à la période d’adaptation lors de l’arrivée en crèche ou chez l’assistante maternelle de l’enfant,
  • de confier la charge d’évoquer le congé paternité à l’employeur, au moment de la déclaration de naissance,
  • de combler le manque d’information, en plaçant la CPAM en mesure d’identifier le père dès la déclaration de grossesse, afin de l’informer sur ses droits.

Une concertation au point mort

Les organisations patronales, à ce jour, refusent toute négociation portant sur l’allongement du congé paternité, trop coûteux selon elles sur le plan financier, mais aussi trop perturbateur quant à l’organisation du travail.

Crédit photographique : happyfrog76760 / Pixabay
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