La CFTC interpelle les candidats : économie, emploi, rémunérations

La CFTC interpelle les candidats : économie, emploi, rémunérations

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Jeudi 9 mars 2017

Trajectoire économique

Le diagnostic de la CFTC : l’année 2016 s’est soldée par une croissance de 1,1 % et ce, malgré un « alignement providentiel des planètes » : la croissance française profitait à la fois d’une politique monétaire accommodante, d’un pétrole bon marché et d’une trajectoire favorable de l’Euro sur le marché des changes. Il faut craindre pour l’année 2017 un environnement économique moins porteur, d’autant plus qu’au niveau mondial, de nombreuses mesures protectionnistes semblent se mettre en place.

Réponse de Nicolas Dupont-Aignan

Mon programme qui vise à la reconquête industrielle et au développement de notre pays est fondé la maitrise de nos finances publiques (incluant la réduction du train de vie de la classe politique) et une politique monétaire assurant à la fois des taux de change entre la France et les autres pays pour reconstituer des marges de compétitivité toute en conservant l’Euro en monnaie de réserve.

Je veux aussi cibler et simplifier les 20 milliards d’euros des dispositifs existants (CICE, pacte de responsabilité) vers des baisses de charges en direction des entreprises exposées à la concurrence internationale qui investissent en France. Pour inciter à l’emploi, nous devons exonérer de charges pendant 5 ans le recrutement en CDI d’un chômeur de longue durée – environ 1,2 million selon les chiffres de l’Insee. Pour réserver une large proportion d’achats publics (75% minimum) aux entreprises françaises lors des marchés publics, je propose d’adopter un « BUY French ACT » à la manière des Etats-Unis et de garantir des débouchés plus nombreux aux PME françaises en leur réservant 50% de la commande publique. Dans la même logique, il est impératif de baisser de moitié le taux de l’Impôt sur les Sociétés (IS) pour les bénéfices réinvestis sur le sol français et de mettre en place un étiquetage obligatoire sur les marchandises pour indiquer précisément la part de « fait en France » et favoriser le développement de labels régionaux.

Réponse de François Fillon

J’ai pris pour asseoir le cadrage de mon projet des hypothèses macroéconomiques de croissance et d’inflation prudentes, en ligne avec celles des grandes organisations nationales et internationales. C’est un gage de crédibilité pour le calcul de notre trajectoire de baisse des dépenses publiques et du déficit.
La mise en œuvre de mon projet aura un impact positif sur l’activité économique qui devrait permettre d’atteindre en fin de quinquennat un taux de croissance supérieur à 2%. Je prévois d’hériter d’un déficit d’au moins 3,4 % en 2017 et qui pourrait atteindre jusqu’à 3,8% en 2018 si rien n’est fait. Face à cette dérive, mon projet permettra de revenir à l’équilibre des comptes publics en 2022. Partant d’un solde de 3,7% fin 2017, dû à la mise en œuvre des premières grandes mesures du programme, indispensable pour relancer l’activité et redonner confiance aux acteurs économiques, nous commencerons à réduire le déficit dès 2018 en repassant sous le seuil des 3% en 2019. Au terme du quinquennat, le niveau des dépenses publiques, qui s’élevait à 57% du PIB en 2015, repassera sous le seuil de 50%. Cet indicateur sera suivi tout au long de la mandature.
Pour retrouver croissance et plein emploi, j’engagerai, dans les six mois qui suivent l’élection présidentielle, les réformes décisives pour remettre notre pays et notre économie à flot. Je veux faire sauter les principaux verrous aux initiatives et aux embauches en mettant fin aux 35 heures, en allégeant les charges, en relevant les seuils sociaux, en plafonnant les indemnités prudhommales, en supprimant le compte pénibilité et en réformant la fiscalité du capital. Je prendrai également des mesures qui auront un impact immédiat et durable sur le chômage (refonte de l’apprentissage, cadre fortement incitatif pour les services à la personne) et sur les revenus en particulier des plus modestes (petites retraites et pensions de réversion, forfait d’allègement de charges, intéressement dans les petites entreprises).

Réponse de Benoît Hamon

Les politiques d’austérité ont échoué. La priorité absolue est de relancer l’investissement pour plus tard réduire le déficit. Contrairement à l’idée reçue, diminuer le déficit public aujourd’hui, c’est se condamner à en avoir un plus fort demain. Quant au coût de la dette, il est aberrant que de l’argent quasi gratuit soit attribué aux banques commerciales par la BCE, alors que les Etats, pour construire des infrastructures, des biens d’intérêt général, doivent se financer au prix fort sur le marché.

Je ne crois pas à la course à la croissance. Quelle croissance ? A quel prix ? Les politiques libérales et d’austérité menées ces dernières décennies n’ont fait que creuser les inégalités, sans faire baisser substantiellement le chômage. Je propose un autre chemin.

Il existe à portée de main un futur désirable, où le travail n’est pas facteur de souffrance mais d’émancipation, où notre modèle de production intègre réellement l’exigence écologique, où la démocratie retrouve le souffle qu’elle a perdu. Je veux faire naître un nouveau modèle de développement tempérant et durable. Les objectifs sont clairs et mobilisateurs pour notre société : investir massivement dans la rénovation thermique des logements et les transports durables ; poursuivre la transition énergétique pour les particuliers, les entreprises, les bassins de vie ; lutter contre les pollutions et pour la santé environnementale, faire respecter des règles sociales, sanitaires, environnementales, éthiques dans la monde.

Pour créer les emplois de demain et réduire vraiment le chômage, je déploierai un programme d’investissements stratégiques. Je porterai l’effort de recherche et développement à 3 % du PIB. Je lancerai un plan de 100 milliards d’euros sur cinq ans pour la rénovation urbaine et thermique, et pour le bien vivre en ville et dans la ruralité.

Pour une économie renforcée face à la mondialisation, j’accorderai la priorité au made in France : 50% des marchés publics seront réservés aux petites et moyennes entreprises (PME-PMI-TPE), j’introduirai des clauses sociales, environnementales, d’emploi et de « produire local ». Les entreprises qui délocalisent devront rembourser les aides publiques reçues. Je m’opposerai aux traités de libre-échange (CETA et TAFTA) qui menacent nos préférences collectives. J’exclurai les services publics et l’agriculture du champ des négociations commerciales.

Pour aider nos Petites et Moyennes Entreprises à se développer, je faciliterai leur accès aux financements à tous les stades de leur croissance. La Banque Publique d’Investissement (BPI) interviendra en garantie comme en prêteur lorsque les banques seront réticentes à accompagner les projets. Je créerai une monnaie alternative inter-entreprises qui leur permettra de s’échanger des services sans mobiliser leur trésorerie.

Nous poursuivrons le changement d’échelle de l’économie sociale et solidaire (ESS) en nous donnant pour objectif la création de 500 000 emplois. Le programme d’investissement d’avenir sera mobilisé au service des secteurs prioritaires (petite enfance, grand âge….).

Réponse d'Emmanuel Macron

Notre trajectoire budgétaire est responsable et sérieuse. Nous maintiendrons le déficit public sous la barre des 3% du PIB sur l’ensemble du quinquennat, et nos hypothèses de croissance sont volontairement prudentes. Nous anticipons une croissance de 1,4% en 2017 et de 1,8% en 2022.

Dans le respect de ces hypothèses, nous proposons un nouveau modèle de croissance pour la France. Il s’articule autour de trois grands axes :

  • Un plan d’investissement de 50 milliards d’euros sur cinq ans, pour préparer l’avenir. Il inclut par exemple 15 Md€ d’investissements dans le capital humain et 15 Md€ pour financer la nécessaire transition écologique.
  • Une politique fiscale plus juste, privilégiant le travail et l’investissement, où les baisses d’impôt seront équitablement réparties entre ménages et entreprises. Nous prévoyons notamment d’exonérer de taxe d’habitation 4 Français sur 5, de baisser le taux d’impôt sur les sociétés de 33,3% à 25% sur le quinquennat et de remplacer l’ISF par un impôt sur la fortune immobilière.
  • Un effort de réduction des dépenses publiques pour ne pas léguer une dette insoutenable aux générations futures. Les dépenses publiques seront réduites de 60 milliards d’euros par an à la fin du quinquennat. Aucune mesure d’économie n’est proposée sur la politique familiale, qui a été fortement mise à contribution depuis 2013.

Émergence des nouvelles formes d’emploi – « ubérisation »

Le diagnostic de la CFTC : les plateformes collaboratives transforment peu à peu la façon d’appréhender l’activité et par conséquent, le monde du travail. Certaines plateformes de services à la demande permettent à des personnes d’exercer une activité professionnelle régulière. Ces nouvelles formes d’emploi sont également nées dans un contexte social très difficile. En effet, le chômage de masse devient structurel et la pauvreté progresse dans notre pays. Les travailleurs sont invités à accepter toute sorte de condition de travail, notamment très précaire. Il est donc important d’analyser ces nouvelles formes d’emploi afin de s’assurer qu’elles ne constituent pas, en réalité, un recul des droits sociaux des travailleurs.

Réponse de Nicolas Dupont-Aignan

Si le numérique entraîne d’importants gains de productivité dans les entreprises, il peut également être source de stress ou bien impacter le modèle économique du secteur.
Notre défi est d’accompagner la transition numérique tout en respectant le respect des conditions de travail.

Nous soutiendrons un Grenelle du numérique et de la robotique. Cette initiative ne peut que s’inscrire dans notre projet pour le pays, alliant respect et innovation. Nous voulons donner à chacun sa place dans un pays soucieux d’agir maintenant pour préparer le futur.

Réponse de François Fillon

Ces nouvelles formes d’emplois présentent un vivier important, alors que le chômage reste à un niveau élevé avec 6 millions de personnes inscrites à Pôle emploi en catégories A B C D et E. Le chômage est un drame pour notre pays en termes de consommation, de croissance et c’est aussi un drame personnel pour ceux qui le subissent. C’est pourquoi je veux lever un maximum d’obstacles pour permettre à ceux qui le souhaitent de créer leur entreprise ou de permettre de bénéficier des opportunités offertes par ces nouveaux gisements d’emplois.
Contre les contraintes juridiques et fiscales étouffantes, je veux redonner de la liberté. On doit pouvoir créer son entreprise dans des conditions simples et sûres en termes juridiques. Bien sûr, concernant ces nouvelles formes de travail, il faut maintenir des protections et encadrer les activités pour éviter les abus. C’est pourquoi je créerai un statut de prestataire indépendant pour les auto-entrepreneurs. Ce statut les protègera en minimisant les possibilités de requalification. Ce statut sera valable pour une durée de 3 ans. Je rendrai plus fluides les parcours entre le salariat et l’activité indépendante en simplifiant la situation fiscale et sociale des pluri-statuts et en autorisant le travailleur indépendant à mettre en sommeil sa structure juridique quand il devient salarié sans pour autant avoir à payer des charges sur cette structure.

Les opportunités offertes par la révolution digitale sont immenses. Le numérique n’est pas simplement un secteur de l’économie parmi d’autres, ou quelques start-ups futuristes dans un garage. C’est une véritable révolution industrielle qui se déroule sous nos yeux et qui nous confronte à des défis majeurs pour notre culture, nos valeurs, notre économie et même notre souveraineté ; mais aussi à d’immenses opportunités ! C’est pourquoi nous devons nous doter d’une véritable politique en matière numérique.
Je veux que tous les Français bénéficient de cette révolution. Nous devons nous équiper d’une infrastructure de pointe, permettant à chacun un véritable accès au Très Haut Débit sur tout le territoire, c’est pourquoi j’accélèrerai le déploiement du très haut débit fixe et mobile d’ici à 2022 en refinançant le Plan France Très Haut Débit, en le réorganisant et en initiant un « Plan 5G ». Les entreprises, les PME innovantes, les start-ups aussi sont essentielles – arrêtons de leur mettre des bâtons dans les roues ! En 5 ans, nous ferons de la France la nation la plus avancée dans l’économie collaborative, la robotisation, la e-santé et la blockchain.
Je commencerai par accélérer la transformation numérique de l’Etat au service des citoyens et des entreprises. Je souhaite dématérialiser l’intégralité des procédures administratives d’ici à la fin du quinquennat. Je mettrai en place « l’open data » dans les services publics en garantissant la protection des données personnelles des citoyens et les intérêts économiques de la France. L’Etat et les collectivités territoriales ont une mission de collecte et de traitement de l’information. « L’open data » et les API (interfaces de programmation) seront généralisées dans les services numériques de l’administration.
Je veux assurer un accès universel à l’enseignement et à la formation au numérique. Je généraliserai l’enseignement et la formation au numérique à tous les niveaux. Je transformerai par exemple le cours de technologie du collège en cours de « culture numérique » et j’encouragerai le développement de filière universitaires d’excellence (Cybersécurité, IA…).
Je veux développer un environnement propice aux entreprises et aux start-ups numériques en renforçant la compétitivité de nos PME/PMI grâce au numérique en passant de 10% à 100% des PME/PMI accompagnées. Je lancerai un grand plan de rattrapage et d’accompagnement à l’issue des états généraux de l’industrie et de l’innovation. Je négocierai un agenda européen de l’harmonisation fiscale pour limiter les effets de l’optimisation fiscale des géants du numérique. Enfin, je compte faire de la France une nation de pointe en matière de financement de l’innovation en renforçant fortement les mécanismes d’orientation de l’épargne vers le financement des PME innovantes et des fonds de capital-risque.
Enfin, je veux construire une véritable souveraineté numérique européenne. Je porterai avec l’Allemagne, l’ambition de plateformes numériques industrielles et sectorielles européennes. J’engagerai un programme d’appels à projets européens pour faire de l’Europe le pôle d’innovation dans le domaine de l’intelligence artificielle et de la blockchain. J’imposerai et je défendrai nos valeurs et nos lois en matière de libertés publiques et de gestion des données personnelles. Je renégocierai en particulier la réglementation européenne sur les « Données Personnelles ».

Réponse de Benoît Hamon

Je mettrai en place de nouvelles garanties à l’attention des travailleurs. J’encouragerai la négociation des partenaires sociaux, notamment sur les salaires, l’encadrement des contrats précaires, la reconnaissance des qualifications, l’amélioration des conditions de travail. Afin de garantir à tous le meilleur niveau de protection et lutter contre l’ubérisation débridée, je créerai un statut unique pour tous les actifs afin de dépasser la distinction entre salariat et travail indépendant. Je rendrai ce statut plus protecteur selon le degré de vulnérabilité des actifs, à partir du socle commun du droit du travail et de la protection sociale. J’améliorerai la couverture retraite complémentaire et la couverture accident du travail/maladie professionnelle des indépendants. J’équilibrerai les prélèvements sociaux afin qu’à revenus égaux, un indépendant et un salarié cotisent du même montant. Nous engagerons la réforme du Régime Social des Indépendants (RSI) pour qu’ils aient les mêmes droits que les salariés.

Je soutiens votre initiative relative au numérique. Je veux faire de la France un pays en point sur le numérique. J’ai choisi de placer le numérique au coeur de ma réflexion et de mes propositions sur le monde qui vient. Les mesures les plus commentées de mon programme sont directement liées au fait numérique : revenu universel, contribution sociale sur les robots, droit à la déconnexion, et tant d’autres. La société numérique que je propose est porteuse de confiance, de conscience et de constance. Confiance dans les outillages, conscience dans les usages, constance dans la protection des droits et des libertés. Je veux augmenter le pouvoir d’agir de chacun dans et pour cette société numérique. Je souhaite que personne ne soit obligé d’utiliser le numérique, mais je tiens à ce que personne n’en soit empêché.

L’accès au très haut débit fixe et mobile sera développé sur l’ensemble du territoire, pour lutter contre les zones blanches. La transition numérique des organisations et l’appropriation des usages numériques par tous seront assurées. A cet effet, je créerai un droit à la connexion haut débit. Je prendrai l’initiative d’un sommet en France, dès 2018, pour proposer un accord international pour la protection des données personnelles et la neutralité du net qui scellerait les engagements des États, des acteurs économiques et de la société civile. Pour que le monde numérique tienne ses promesses d’émancipation et de progrès démocratique, je m’emploierai à assurer la protection des intérêts de la nation, en développant nos capacités de cyberdéfense. Je soutiendrai le logiciel libre, qui contribue à notre souveraineté numérique. En ce qui concerne la robotique, je créerai une contribution sociale sur les robots qui alimentera un Fonds de Transition Travail (FTT) dont la mission sera de créer autant d’emplois nouveaux que ceux qui disparaîtront et de financer la formation des salariés à ces nouveaux métiers.

Réponse d'Emmanuel Macron

Nous devons accompagner l’émergence des nouveaux secteurs mais veiller à ce que le cadre fiscal et social ne fausse pas la concurrence entre les différents acteurs. Pour cela, nous souhaitons universaliser la protection sociale : les droits sociaux ne doivent pas dépendre d’un statut, mais de la réalité du travail effectué. C’est la raison pour laquelle nous souhaitons ouvrir aux indépendants le bénéfice de l’assurance chômage.

 

Les innovations radicales, comme la robotisation aujourd’hui et la machine à vapeur hier, bouleversent l’organisation de l’économie. Un certain nombre de rapports récents (France Stratégie, OCDE) ont mis en évidence les menaces mais aussi les potentialités que recèlent ces évolutions. Cela fait inévitablement des perdants à court terme, qui peuvent, par exemple, perdre leur emploi si leur tâche est fortement automatisable. La responsabilité de la puissance publique n’est pas d’empêcher ces mutations, mais de les accompagner. Cela devra s’effectuer par une refonte de notre système de formation continue et par la facilitation des transitions professionnelles. Cela doit également conduire à une meilleure prise en compte des modifications qu’engendre le numérique sur les conditions de travail. Les organisations syndicales, par leur rôle central dans la vie quotidienne des salariés et leur connaissance des compétences et de la réalité terrain, seront étroitement associées à ces réformes.

Revenu universel / revenu de dignité

Le diagnostic de la CFTC : Alors que le débat se focalise sur le revenu universel, la CFTC attachée à la valeur travail comme mode d’insertion et d’épanouissement dans la société préfère fonder sa réflexion sur les récentes études de l’ONPES (observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale) sur les budgets de référence qui pourraient déboucher sur le revenu de dignité. Par ailleurs, elle préconise un revenu contributif. Conditionné à l’exercice d’une activité reconnue comme produisant une valeur économique mais aussi sociale et sociétale ajoutée, ce revenu contributif agirait comme un complément de revenu durant les transitions professionnelles afin de sécuriser / encourager celles-ci. Il garantirait également un niveau de revenu digne.

Réponse de Nicolas Dupont-Aignan

Nous partageons votre attachement tant à la valeur travail ainsi qu’à la nécessaire reconnaissance sociale et sociétale des hommes et des femmes de notre pays.

Garantir un revenu digne pour que les travailleurs et leurs familles vivent décemment passe notamment par la reprise en main de notre économie en libérant les entreprises de leurs contraintes, un allègement des charges sociales pour favoriser l’embauche tout en augmentant le pouvoir d’achat des familles (+ 10 % des salaires nets) et la mise en œuvre du travail universel pour donner une activité à chaque français.

Réponse de François Fillon

Depuis plusieurs années, le pouvoir d’achat des Français s’effrite. La politique fiscale du gouvernement socialiste a encore aggravé cette situation en augmentant les impôts comme jamais en France. Avec pour résultat une paralysie de l’activité économique et un appauvrissement des classes moyennes, qui ont supporté l’essentiel de ce matraquage. Ce fardeau fiscal, je veux l’alléger pour redonner de l’air aux Français.
C’est pourquoi j’engagerai des allègements fiscaux, qui devront être progressifs, à mesure que nous réduirons la dépense publique, pour ne pas creuser les déficits et la dette que nous transmettrons à nos enfants. Ils devront être équitables, en bénéficiant avant tout aux classes moyennes : familles, salariés, retraités, épargnants. Ils devront aussi être efficaces : nous devons modifier la structure de notre fiscalité pour rendre notre pays plus compétitif dans la compétition mondiale et préserver nos emplois. Par ailleurs, nous ne mettrons pas en œuvre le prélèvement à la source et nous engagerons dès 2018 une réforme des modalités de prélèvements en vue de développer la mensualisation et la contemporanéité des revenus et des prélèvements. Je mettrai en œuvre ces allègements de manière déterminée, parce que les Français doivent pouvoir profiter des fruits de leur travail et de leurs investissements.
Je mettrai en place un abattement forfaitaire généralisé des cotisations sociales salariées, ce qui permettra une augmentation immédiate des salaires nets sur la fiche de paie de l’ordre de 350€ par an par salarié (700€ par an pour un ménage où les deux travaillent).
Je relèverai progressivement le plafond du quotient familial à 3000 euros pour réduire l’impôt sur le revenu des familles, qui ont été particulièrement pénalisées par les socialistes.
Mais les Français ne pourront réellement retrouver du pouvoir d’achat qu’avec une hausse des salaires stimulée par une économique dynamique et un taux de croissance élevé. C’est pourquoi j’engagerai un choc de compétitivité visant à relancer notre économie en abaissant les charges sur les entreprises et en simplifiant les contraintes administratives qui pèsent sur les entreprises.

Réponse de Benoît Hamon

Trop de nos citoyens ne parviennent que très difficilement à boucler leurs fins de mois. Loin des politiques accessoires et cosmétiques, je veux mettre en œuvre des mesures pérennes pour améliorer durablement le niveau de vie des ménages, et lutter contre la pauvreté et l’exclusion. Nous avons, en France, les moyens de pallier efficacement et sur le long terme, la précarité. Je mettrai en place un revenu universel d’existence (RUE) qui sera le nouveau pilier de notre protection sociale. Ce revenu universel ne sera pas, comme on l’entend parfois, un outil de promotion de l’oisiveté, mais un outil de progrès social et de lutte contre les inégalités. Un outil dont nous avons aujourd’hui cruellement besoin. Dès 2018, j’ouvrirai le droit au RUE à tous les actifs occupés ou non-occupés (étudiant, salariés, travailleurs indépendants…) âgés de plus de 18 ans, et touchant moins de 1,9 smic brut par mois. D’un montant de 600€ mensuel, il sera distribué automatiquement. J’augmenterai par ailleurs les minima sociaux de 10% et revaloriserai le SMIC après négociation avec les partenaires sociaux.

Réponse d'Emmanuel Macron

Notre projet vise à ce que chacun puisse vivre dignement de son travail. Pour cette raison, nous supprimerons les cotisations salariales d’assurance chômage et de maladie, et augmenterons de 50% le montant de la prime d’activité. Ceci aboutira à accroître de 100 euros par mois le revenu net d’un salarié au SMIC. Loin des fantasmes sur la fraude sociale généralisée ou des discours stéréotypés sur « l’assistanat », nous avons par ailleurs constaté que la première cause de l’inadaptation de notre système est la complexité des démarches et la méconnaissance des droits sociaux. Pour traverser cette barrière invisible, nous nous engageons à créer un versement social unique et automatique pour lutter contre le non-recours aux aides sociales. Ce versement social consoliderait, en une seule fois, l’ensemble des prestations (RSA, APL, prime d’activité, etc.) auxquelles les prestataires ont droit. Elle concerne 12 millions de foyers, soit près de la moitié de la population française.