Big data : un outil à humaniser

Big data : un outil à humaniser

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Lundi 6 mars 2017

Chaque jour, nous laissons nos empreintes sur le web. Comment décider de la marque à laisser ?

À l’heure de la communication numérique et de la vie 3.0, chaque utilisateur laisse son empreinte (virtuelle) sur Internet. Comment décider de la marque à laisser ? Que faire de ces données qui « traînent » dans les arcanes du web ? Éléments de réflexion.

Des traces intentionnelles… ou non intentionnelles

Toutes nos activités sur le web laissent des traces. Des traces intentionnelles comme les messages, photos, commentaires, coordonnées… ou non intentionnelles (historique de navigation, achats, statistiques de connexion…). 

Ces traces numériques sont les data. Des données produites de plus en plus vite, et de plus en plus massivement, d’où le nom de « big data ». Elles sont considérées comme la matière première de l’économie de demain.

La profusion est telle qu’il n’est pas possible de les travailler avec des outils classiques de gestion de base de données.
On utilise donc des algorithmes : des suites d’opérations ou d’instructions permettant de résoudre un problème ou d’obtenir un résultat.
Le but : travailler ces données pour en extraire de l’intelligence et donner un sens à cette masse de données.

Les données triées peuvent être utilisées à des fins commerciales ou scientifiques… Les perspectives de traitement semblent énormes et sont en partie insoupçonnées.

Depuis plusieurs années, des entreprises se spécialisent dans la collecte, le stockage et la revente de données qui peuvent être utiles aux entreprises pour cibler leurs clients.

Enjeu d’éducation et de citoyenneté

Quelles données personnelles souhaitons-nous livrer… ou pas ? Comment en décider ? La question de la protection de nos données personnelles et de notre vie privée est passionnante et passionnée.
Enjeu de liberté, mais enjeu économique aussi. En effet, pourquoi, aujourd’hui, les bénéfices des plateformes comme Google, qui réalise plusieurs milliards de bénéfices nets par trimestre, ne sont-ils pas fiscalisés ?

Plus globalement, c’est l’agencement pertinent entre la technologie et l’humain qui doit être défini, afin de faire de cet outil une source de progrès et d’en garder la maîtrise. L’utilisation massive des algorithmes développe notamment le risque d’une confiance excessive dans les choix préconisés par ces calculs, et une orientation des choix des individus sans que ceux-ci en aient véritablement conscience.

Dominique Cardon, sociologue spécialiste du numérique et d’Internet, confirme : « Il ne faut pas laisser aux seuls informaticiens la main sur les algorithmes. » L’éducation au numérique est donc un enjeu crucial au bon usage des algorithmes – c’est-à-dire au traitement vertueux du big data – pour nos sociétés. Pour le sociologue, « nos enfants doivent apprendre à coder, pour que les algorithmes restent intelligibles ».

Stéphanie Baranger.

Crédit photo : fotolia / Bits and Splits