Améliorer les conditions de travail pour améliorer l’accueil des jeunes

Améliorer les conditions de travail pour améliorer l’accueil des jeunes

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Mardi 24 juillet 2018
Enseignement

950 000 enseignants iront aux urnes du 29 novembre au 6 décembre, lors des élections de la fonction publique. Nos équipes CFTC sont sur le pont, avec la représentativité comme leitmotiv.

Philippe Louis, président confédéral, le martèle : « la CFTC est favorable à toute mesure susceptible de rapprocher le monde de l’entreprise et celui de l’enseignement en général, qu’il s’agisse des enseignants, des formateurs ou des élèves, parce qu’il en résultera une meilleure connaissance des métiers, de leurs dynamiques, des besoins en compétences nouvelles et des formations y répondant. Une meilleure connaissance qui permettra aux jeunes de ne plus subir leur orientation, mais de la choisir, au plus tôt et au plus près de leurs envies, de leurs talents et des réalités du marché du travail ! »

Cette vision anime l’ensemble des acteurs CFTC de l’enseignement. Tous militent pour améliorer les conditions de travail des équipes éducatives dans un même objectif : améliorer l’accueil des jeunes dans les établissements et toujours mieux contribuer à leur épanouissement personnel et professionnel. C’est ce que nous voulons faire savoir, à moins de cinq mois des élections professionnelles.

On fait le point avec Baptiste Copin, le président de la fédération Enseignement et Formation.

Crédit photo : Bernard Gouédard

Quels sont les enjeux ?

L’enjeu majeur dépasse notre fédération et la question de l’enseignement. Notre résultat, en effet, aura un impact sur la représentativité globale de la CFTC dans la fonction publique. Objectif commun : retrouver le siège perdu au Conseil Commun de la Fonction Publique (CCFP), l’organe qui gère les questions relatives aux trois versants de la Fonction Publique. C’est dire l’importance de ces élections !

Et l’enjeu au niveau fédéral ?

Il s’agit d’obtenir des moyens pour que nos deux syndicats puissent continuer à travailler. Le fonctionnement de nos structures repose, en effet, sur des heures de décharge (appelées aussi heures de délégation dans les entreprises privées). Les heures de décharge permettent à un enseignant d’être rémunéré tout en consacrant une partie de son temps de travail à une structure syndicale. Le volume de ces temps de décharge accordés par le ministère du Travail dépend de notre résultat électoral. Obtenir un bon résultat, c’est la garantie d’avoir des moyens.

Enfin, nous espérons un taux de participation plus fort. Il y a quatre ans, notre résultat a légèrement baissé. Un peu moins d’un point par rapport à 2010. En cause, la mise en place, pour la première fois, du vote électronique dans la fonction publique. Il a fallu littéralement « prendre les gens par la main » pour qu’ils votent. Non pas parce qu’ils ne voulaient pas, mais parce que le mode de vote leur paraissait trop compliqué… C’est une inquiétude qui demeure cette année.

Donc un taux de participation plus fort pour un score plus élevé ?

L’objectif est au minimum de confirmer notre dernier résultat (entre 26 et 27 %), ou dans l’idéal l’améliorer. Et nous pouvons le faire, malgré le forcing de certains syndicats « clientélistes » pour s’imposer dans notre secteur.

Reprenons un objectif réalisable, similaire à celui des élections TPE. Si les 9 000 enseignants privés adhérents, au bas mot, font voter une personne, cela nous garantirait au moins 18 000 voix. De quoi battre notre score 2014 de 16 000 voix.

Comment atteindre cet objectif ?

Nous avons construit un programme électoral avec des propositions, communes à l’enseignement public et privé. Notre métier souffre d’un manque d’attractivité : bas salaires et baisse constante du pouvoir d’achat, accroissement de la charge administrative, manque de reconnaissance des difficultés du métier, précarisation croissante des maîtres non titulaires… C’est pourquoi, nous revendiquons la titularisation des maîtres suppléants et contractuels dans le public, afin de leur garantir sécurité de l’emploi et des salaires. Nous réclamons également la reconnaissance du travail réel : un enseignant ne travaille pas seulement quand il est devant les élèves. Que dire de la médecine du travail : il n’est nullement pris soin de nos collègues alors que l’Etat l’impose aux entreprises privées ? Idem pour les problématiques de pénibilité et de mobilité : nous demandons des aménagements de fin de carrière, la mobilité étant une des formes possibles.

L’intégralité des revendications :

Quelles opérations privilégiez-vous pour servir ce discours ?

Nous travaillons selon deux axes qui s’inscrivent dans une stratégie ambitieuse. D’un côté, la communication : 7 formations ont été réalisées afin que le fond et la forme soient le plus percutants. C’est d’autant plus essentiel que nous pouvons désormais toucher directement l’ensemble des enseignants grâce aux adresses mail professionnelles.

De l’autre côté, le terrain. Des visites d’établissement sont prévues dans les académies qui le souhaitent. Nos équipes se mobiliseront et les responsables nationaux se déplaceront 2 à 3 jours de septembre à novembre. Leur mission : écouter, échanger, présenter nos actions pour faire voter CFTC.

Quelles régions ciblez-vous en priorité ?

Trois organisations se partagent le territoire métropolitain et outre-mer : la CFTC, la CFDT, et un syndicat autonome, le Spelc (syndicat professionnel de l’enseignement libre catholique). Le Snec tire son épingle du jeu, notamment, dans le Nord-Pas-de-Calais, en Bretagne, en Languedoc-Roussillon, et en Occitanie. Nous cherchons à progresser partout et à couvrir l’ensemble du territoire. Mais, nous avons besoin de candidats supplémentaires pour nos listes dans certaines régions. Avis aux adhérents du 1er et 2nd degré intéressés : contactez vos responsables locaux !

 

Propos recueillis par Chantal Baoutelman
Crédit photographique : Bernard Gouédard

Crédit photographique : Klimkin / Pixabay