Emploi : une transition écologique “juste” est possible !

Emploi : une transition écologique “juste” est possible !

Partager

Mardi 4 juillet 2017

Une politique de formation raisonnée et ambitieuse doit accompagner la transition écologique

La transition écologique doit s’accompagner d’un effort conjoint des acteurs de l’emploi et de la formation sur les reconversions professionnelles. C’est la condition pour une transition écologique qui soit aussi “juste” socialement.
La CFTC et le Réseau-Action-Climat publient une série de recommandations, pour accompagner, penser et préparer une transition créatrice nette d’emplois.

Réussir la transition écologique…

Au vu des conditions climatiques qui sont les nôtres, certains secteurs vont perdre des emplois, on le sait. Une transition énergétique juste ne sera réussie qu’en incluant les salariés, et notamment des secteurs qui seront les plus touchés.

Si certains emplois vont être supprimés dans les énergies fossiles, le nucléaire ou l’automobile par exemple, d’autres seront créés dans la rénovation des bâtiments, les énergies renouvelables, les transports en communs ou encore le démantèlement des centrales nucléaires.

Cette mutation de notre économie n’est pas la première, mais c’est l’une des plus rapides. Il devient primordial de prévoir l’accompagnement des transitions professionnelles, et plus particulièrement dans les secteurs en perdition. L’orientation vers les secteurs qui, au contraire, sont en développement, permettra aux salariés de rester insérés, avec des conditions satisfaisantes.

Une transition écologique juste socialement est possible. Elle implique cependant un certain nombre de pré-requis, dont le premier concerne les modalités de reconversion des secteurs et des salariés qui devront nécessairement voir leurs métiers profondément évoluer.

… Pour réussir la transition professionnelle

Différents défis doivent donc être appréhendés pour y parvenir et des outils doivent être pensés pour répondre aux enjeux de la reconversion dans le cadre de la transition écologique :

  • connaître l’évolution des métiers, des qualifications et des compétences liée à la transition écologique pour identifier les besoins de formations ;
  • porter une attention particulière aux stratégies des entreprises et des secteurs d’activités pour les rendre cohérentes avec une trajectoire climatique compatible avec l’objectif de 1,5° C ;
  • repenser les outils d’accompagnement de reconversions professionnelles dans le cadre de la transition écologique.

En amont des questions qui touchent à la reconversion il s’agit aussi d’adapter les formations en fonction des nouvelles qualifications demandées par la transition écologique.

Il faut mettre en place un « Plan Marshall de la formation aux compétences de la transition énergétique .» Des travaux prospectifs doivent être conduits dans tous les observatoires des métiers et des qualifications mis en place par les branches professionnelles. Ces travaux doivent permettre d’anticiper les besoins en compétences et qualifications, et de déterminer les formations nécessaires pour y répondre.

« Il faut créer davantage de passerelles », Philippe Louis

Des financements nouveaux doivent être consacrés à la formation continue, en concertation avec l’Etat, les partenaires sociaux et les Régions, afin de permettre un développement rapide des nouvelles activités. Le plan de 15 milliards d’euros pour la formation annoncé par la ministre du Travail, Muriel Pénicaud va dans ce sens.
Un autre plan de 15 milliards d’euros doit être lancé pour favoriser la transition écologique.

Naturellement la CFTC et le Réseau Action Climat saluent leur création, néanmoins il faut maintenant que ces deux plans se complètent pour penser d’une seule voix reconversion professionnelle et transition écologique.

« Aujourd’hui les politiques de la formation professionnelle sont mal connectées avec celles de la transition écologique. Afin de pouvoir prendre en compte les effets de création et de fragilisation d’emplois dans certains secteurs, il faut créer d’avantage de passerelles entre les acteurs et les outils existants des deux côtés ». Philippe Louis, président de la CFTC.

> Les recommandations de la CFTC et du Réseau-Action-Climat (.pdf)