« Je sais ce que c’est, être apprentie, puis nouvelle embauchée », Estelle, Jeune CFTC

« Je sais ce que c’est, être apprentie, puis nouvelle embauchée », Estelle, Jeune CFTC

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Mercredi 19 avril 2017

A 23 ans, Estelle Eluard est une Jeune CFTC, membre du CE chez Airbus Nantes

Chez Airbus Nantes depuis sept ans, Estelle Eluard, jeune opératrice carbone de 23 ans, et fière d’être ouvrière, a su se faire une place dans un univers masculin. A la CFTC depuis trois ans, elle fait ses armes de syndicaliste au comité d’entreprise, et avec les Jeunes CFTC. Prochain défi : les élections professionnelles de 2018.

Depuis combien de temps faites-vous partie des Jeunes CFTC ?

Depuis janvier 2017. Ce qu’on me demande surtout, c’est de rendre la CFTC beaucoup plus visible auprès des jeunes, et d’apporter un renouveau. En ce moment, nous avons un projet d’affiches, qui pourront être utilisées aux élections professionnelles d’Airbus, en 2018. Nous sommes déjà en campagne. A ce stade, je prends des contacts pour avoir plus de sympathisants.

Vous avez un rôle particulier au sein de la section ?

J’ai un poste de commissaire au comité d’entreprise. Mon rôle est d’aider le président de la commission Sport et loisirs à trouver de nouvelles activités, afin d’enrichir notre catalogue. Je ne suis pas membre élue du CE : en fait, chaque organisation syndicale a droit à un nombre de commissaires. Je bénéficie de vingt heures de délégation par mois. A côté de ça, je travaille à plein temps comme opératrice carbone : je fabrique, en atelier, des pièces d’avion en carbone qui ensuite vont en montage. J’ai un bac professionnel « plastique et composite », et j’ai fait deux ans d’apprentissage chez Airbus, avant d’être embauchée. Je suis un « bébé Airbus », comme on dit chez nous !

Que faites-vous, avec les Jeunes CFTC ?

Nous avons des échanges sur nos expériences respectives, afin de savoir ce dont les jeunes ont besoin. En début de carrière, ils s’intéressent généralement peu aux syndicats. Nous élaborons des campagnes de pub pour les attirer. Ce sont soit des affiches, soit des vidéos. En ce moment, nous finalisons une campagne destinée aux réseaux sociaux. Je débute mais j’apprends.

Qu’est-ce qui vous a attirée à la CFTC, plutôt que dans un autre syndicat ?

Les valeurs : famille, écoute, partage… Négocier avant toute grève. C’est ce qui me ressemble. C’est au cours de la formation économique et sociale, organisée par Airbus, que j’ai découvert l’ensemble des syndicats : la CFTC, mais aussi FO, la CGT, la CFE-CGC, et même la CFDT qui n’est pas représentée chez nous. Et puis des gens que j’ai rencontrés m’ont convaincue.

Quels sont les enjeux de la CFTC chez Airbus Nantes ?

La CFTC n’est pas majoritaire. Mais nous progressons. L’enjeu est d’entretenir cette progression. Notre objectif n’est pas seulement d’avoir des nouveaux adhérents, mais aussi des sympathisants. Ça ne sert à rien de faire adhérer par cinquantaines s’il y en a cent qui partent l’année suivante. Non, notre but c’est d’avoir des personnes responsables et qui adhèrent à nos valeurs.

Comment voyez-vous votre avenir au sein de la CFTC ?

Je veux découvrir davantage la CFTC et savoir vraiment ce que c’est d’être syndicaliste. Je suis ambitieuse mais je me laisse le temps. Cela dit, avant d’être une syndicaliste, je suis une ouvrière, et je ne veux pas perdre ça. Ce que je prône aussi, c’est la défense des femmes et des jeunes. Je sais ce que c’est d’être une jeune apprentie, puis une nouvelle embauchée. Ça n’a pas été facile. Je travaille dans un univers masculin. Mais les hommes ne sont pas toujours les plus durs : les femmes ont souvent un fort caractère. Heureusement, moi aussi.

Propos recueillis par Laurent Barberon

Crédit photographique : Patrick Héraud