La CFTC interpelle les candidats : handicap

La CFTC interpelle les candidats : handicap

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Jeudi 9 mars 2017

Accès à l'emploi

Le diagnostic de la CFTC : pour que le monde du travail devienne inclusif et que les personnes en situation de handicap  puissent accéder à l’emploi au même titre que les autres, il faut avant tout modifier la perception du handicap. Or, plus d’1 salarié sur 2 ne se sent pas préparé pour travailler auprès de collaborateurs handicapés. Pour une majorité de salariés, les actions de communication interne et de sensibilisation ne sont pas suffisantes, pas plus que la communication externe.

Réponse de Nicolas Dupont-Aignan

Pour rendre le monde du travail plus inclusif, nous reverrons l’ensemble des dispositifs en faveur du handicap. Il nous faudra garantir l’accessibilité des lieux de travail, innover en développant des accessoires facilitant l’autonomie et l’indépendance des personnes.

Nous sommes favorables à un système de contrôle annuel renforcé ainsi que d’incitations pour permettre aux entreprises et administrations de contribuer l’accès à la formation et au travail pour les personnes en situation de handicap.

En ce qui concerne l’application de la loi de 2005 dont l’application a été reportée par les gouvernements successifs, nous construirons avec l’ensemble des partenaires (associations, collectivités locales, entreprises etc.) un agenda et un plan d’action concret.

Réponse de François Fillon

L’effort productif que je demande à la nation doit permettre de répondre aux causes les plus humaines, les plus justes, comme celle du handicap. 10 millions de Français sont frappés par le handicap. C’est donc un enjeu de société vis-à-vis duquel j’ai toujours eu la plus grande attention dans mes différentes fonctions.

Le regard de la société en général, et en entreprise en particulier, ne changera effectivement pas totalement par de grandes campagnes de communication. La société inclusive, elle se joue en fait dès l’école, en favorisant la mixité des enfants valides et en situation de handicap qui seront, plusieurs années plus tard, des collaborateurs en entreprise sans appréhension mutuelle. C’est ce que je propose dans mon projet pour la France. Je veux assurer à tous les élèves en situation de handicap les conditions de travail et d’apprentissage adaptées dans le premier degré, puis tout au long de leur scolarité.
Pour permettre aux entreprises d’embaucher des collaborateurs handicapés il faut lever les freins à l’employabilité des personnes handicapées dont le principal est le manque de formation et de qualification. C’est pourquoi je veux permettre à tous les demandeurs d’emplois handicapés d’accéder à une formation adaptée et en adéquation avec les besoins des territoires. J’encouragerai les jeunes en situation de handicap à poursuivre des études supérieures en développant les conventions multipartites sous l’égide de l’Etat et je développerai la formation en alternance des personnes en situation de handicap. J’encouragerai également le développement des entreprises adaptées et simplifierai les démarches d’embauche tout en accroissant le nombre de postes. Je veux également inciter les entreprises adaptées à devenir de véritables tremplins pour les jeunes en situation de handicap vers l’emploi adapté ou non.
Avec les lois de 1987 et 2005, nous avons les textes nécessaires. Appliquons-les et levons les freins à l’employabilité des personnes en situation de handicap.

Réponse de Benoît Hamon

Je ferai de l’accessibilité un des principes de la VIème République en développant les moyens pour que les personnes en situation de handicap et leurs aidants aient accès à une vie sociale et citoyenne active. Nous augmenterons de 10% l’AAH et améliorerons le fonctionnement des MDPH. Pour faciliter la scolarisation des personnes en situation de handicap et pour une école inclusive, je propose de diminuer les effectifs des classes en fonction du nombre d’élèves en situation de handicap. Je ferai également de l’accessibilité de l’enseignement supérieur un des chantiers prioritaires du quinquennat.

Je permettrai aux personnes en contrat précaire d’accéder à un emploi d’Accompagnant d’Elèves en Situation de Handicap (AESH) pérenne. Je faciliterai la vie des salariés en situation de handicap dans l’entreprise par l’aménagement des postes de travail et en favorisant le télétravail.  

Réponse d'Emmanuel Macron

Nous ferons de la lutte contre la discrimination une priorité nationale. Nous développerons des opérations de contrôles aléatoires et imprévus à grande échelle, et nous désignerons les entreprises fautives. Les partenaires sociaux seront également mobilisés.

Par ailleurs, nous prévoirons un abondement public pour le compte personnel d’activité des personnes handicapées et introduirons une labellisation spécifique pour les formations qui leur sont destinées, tenant compte des débouchés professionnels des formations.

Enfin, nous encouragerons les expérimentations tripartites (Pôle Emploi/associations/organismes de formation) pour favoriser l’insertion et la réinsertion des travailleurs handicapés.