« Je sens que ma voix a son importance », Bernard Thibault, administrateur à l’Assurance-maladie

« Je sens que ma voix a son importance », Bernard Thibault, administrateur à l’Assurance-maladie

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Mercredi 13 mars 2019
MILITANTISME

DIAPO PHOTO 24 H AVEC... Bernard Thibault, l’un des 24 administrateurs de la Caisse primaire d’assurance-maladie (CPAM) de Seine–Saint-Denis (93). Aujourd’hui, il exerce pour quatre ans le mandat de troisième vice-président de la CPAM.

Depuis sept ans, Bernard Thibault est l’un des 24 administrateurs de la Caisse primaire d’assurance-maladie (CPAM) de Seine–Saint-Denis (93). Aujourd’hui, il exerce pour quatre ans le mandat de troisième vice-président de la CPAM. « Nous n’avions quasiment plus de mandats importants en Seine–Saint-Denis, se rappelle-t-il, et j’ai réussi à renégocier, à montrer que j’étais présent, et à redonner de la visibilité à la CFTC. » Il siège aussi à la commission médico-sociale et sa suppléante, Joséphine Sanchez, siège quant à elle à la commission des aides financières et prestations supplémentaires. 

Crédit photo : Bernard Gouédard

La commission chargée de l’attribution des prestations et aides supplémentaires octroie les aides financières aux assurés sociaux. « Si un ayant droit a une perte de ressources liée à une maladie ou un accident de travail, explique Bernard Thibault, il peut demander une aide auprès d’une assistante sociale de la CPAM. Il doit remplir un dossier en exposant sa situation familiale et financière. La demande est examinée par la commission, qui comprend des représentants des syndicats et des employeurs, et qui vote. On paye des loyers, des factures de dentiste, des lunettes…. Chaque assuré peut bénéficier de 3 000 euros par an. »

Crédit photo : Bernard Gouédard

La commission des pénalités, dont Bernard Thibault est vice-président, est chargée de la lutte contre la fraude. En cas de suspicion, une fois terminée l’enquête déclenchée par la CPAM, « nous sommes là en tant que jury, témoigne Bernard Thibault, et nous jugeons si l’assuré ou le professionnel de santé a vraiment fraudé. »  Dans les réunions, « on me demande souvent, pour plaisanter, si je ne me suis pas trompé d’endroit, à cause de mon nom, s’amuse-t-il. Je réponds qu’on a droit à un Bernard Thibault par syndicat, il y en a un à la CGT, et un à la CFTC (rires). »

Crédit photo : Bernard Gouédard

À 38 ans, Bernard Thibault est l’un des plus jeunes administrateurs de la CPAM. Pourtant, il se dit motivé pour continuer : « tant que je pourrai. ». Qu’est-ce qui lui plaît tant dans ses missions ? « Je sens que ma voix a son importance, parce que la décision d’aider un ayant droit peut se jouer à une voix. C’est pareil dans la lutte contre la fraude. Et c’est important pour moi d’aider les gens. Dans l’entreprise, c’est différent : si le patron dit non, c’est non. »

Crédit photo : Bernard Gouédard

La nuit, Bernard Thibault est salarié : il travaille depuis dix-huit ans chez FedEx, une compagnie aérienne américaine spécialisée dans le transport international de fret. Il est agent de piste aérien à l’aéroport de Roissy, où FedEx emploie environ 2 600 salariés. « Je travaille de 23 heures à 5 heures, indique-t-il. Je trie des colis, je charge et je décharge les avions. Il y en a 55 par jour. On traite tout le fret d’Europe, d’Afrique, du Moyen-Orient… Les marchandises sont de tous types : des œuvres d’art aux animaux. Par exemple, le panda du zoo de Beauval (dans le Loir-et-Cher, ndlr), c’est FedEx qui l’a transporté. » 

Crédit photo : Étienne de Malglaive / Getty Images

Bernard Thibault est militant CFTC depuis huit ans. « Je me suis reconnu dans la CFTC sur les valeurs de soutien, de protection de la famille et d’entraide, assure-t-il. J’ai un enfant, et la famille c’est important pour moi, dans la mesure où je n’en ai plus de mon côté. » Bernard Thibault a repris en main la section CFTC de FedEx après un départ massif des adhérents vers une autre organisation syndicale : « Nous sommes passés de 60 à deux adhérents, moi-même et un autre qui m’a suivi », raconte-t-il. 

Crédit photo : Bernard Gouédard
« Au bout de quatre ans, nous avons eu de nouvelles élections, poursuit-il. Et depuis 2017, nous avons des délégués syndicaux, des représentants syndicaux, et une trentaine d’adhérents. J’étais moi-même représentant syndical mais j’ai laissé ma place à d’autres, afin de me consacrer à mon mandat à la CPAM. » Un mandat que son employeur lui permet d’exercer sans difficulté. « Je n’ai pas de quota d’heures de délégation à respecter, se réjouit-il, je préviens juste ma hiérarchie de mes absences, par politesse. Si je suis en réunion à la CPAM toute la semaine, je suis absent de mon travail pendant une semaine, et c’est tout. »

Crédit photo : Durand Florence / Sipa
De 20 heures à 22 heures, Bernard Thibault encadre des cours de plongée sous-marine, bénévolement. « J’ai commencé la plongée à 14 ans », raconte-t-il. La plupart du temps, il enseigne en bassin, près de chez lui, dans le Val-d’Oise : « Les élèves s’habituent au matériel, apprennent à respirer avec le détendeur… » Ensuite, il les emmène en mer : « Je vais en Bretagne, en Guadeloupe, en Martinique, on leur montre les poissons, les pieuvres… » « Cette année, on emmène un groupe d’enfants à Marseille, annonce-t-il, pour leur faire découvrir l’environnement et la biodiversité. » Quand on lui demande comment il trouve le temps d’assurer toutes ses activités, Bernard Thibault confie ne dormir que cinq heures par jour.

Crédit photo : Splash / Herblay
Reportage : Laurent Barberon / Crédit photo Une : Bernard Gouédard