L’ANSES confirme les risques associés au travail de nuit

L’ANSES confirme les risques associés au travail de nuit

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Mardi 12 juillet 2016

L'agence avait été saisie par la CFTC

Saisie par la CFTC, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a étudié les risques encourus par les travailleurs à horaires dits « atypiques » – essentiellement de nuit. Livrés le 21 juin, les résultats de l’expertise sont sans appel.

Oui, les salariés travaillant de nuit (régulièrement ou non) encourent de réels risques pour leur santé. La réponse de l’Anses, saisie pour les évaluer, est sans équivoque : les effets sur la somnolence, la qualité et la quantité de sommeil, la survenue du syndrome métabolique sont avérés ; ceux sur la santé psychique, les performances cognitives, la prise de poids, le diabète de type 2, les maladies coronariennes et le cancer sont probables – notamment le cancer du sein du fait des perturbations des cycles biologiques. Ont également été relevés des effets possibles sur les dyslipidémies (cholestérol, triglycéride), l’hypertension artérielle et les AVC.

En conséquence, non, travailler de nuit ne peut pas être banalisé, ni considéré comme un mode d’organisation du travail assimilable à un autre.

En raison des risques aujourd’hui scientifiquement démontrés (lire l’encadré), d’autres organisations doivent être privilégiées, en vertu des principes généraux de prévention posés par l’article L. 4121-2 du Code du travail. Son recours doit rester une disposition exceptionnelle, strictement encadrée par une négociation collective, et justifiée par « la continuité de l’activité économique et des services d’utilité sociale « .

Comment ne pas s’étonner du maintien, dans ces circonstances, du critère économique ? D’autant que le droit européen stipule que « l’amélioration de la sécurité, de l’hygiène et de la santé des travailleurs représente un objectif qui ne saurait être subordonné à des considérations de caractère purement économique « ¹ et que « les critères de rentabilité des investissements ne peuvent être les seuls retenus pour autoriser le travail de nuit « ².

La CFTC insiste aussi sur les effets sociaux de ce mode d’organisation auquel sont habituellement ou occasionnellement soumis 3,5 millions de salariés – soit un million de plus qu’à l’aube des années 1990, sachant que cette augmentation concerne surtout les femmes. Au-delà de l’impact évident sur la vie familiale – donc sur la qualité de la parentalité –, d’autres aspects sont moins visibles mais posent de sérieux problèmes sociétaux : réduction du réseau relationnel, des loisirs…
1. Directive-cadre européenne 89/391/CEE du 12 juin 1989.
2. Circulaire DRT n° 2002-09 relative au travail de nuit.