Priorité au dialogue social européen

Priorité au dialogue social européen

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Vendredi 23 décembre 2016

Séminaire EZA 2016

La CFTC a réuni les organisations membres du réseau EZA de 29 pays, les 1er et 2 décembre à Marseille pour débattre du dialogue social européen, une priorité pour le réseau.

Le social est le grand oublié de la crise. Conscient de cette faiblesse, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a exprimé sa volonté de relancer le projet d’une Europe sociale. Il a déclenché une vaste consultation publique sur la mise en place d’un « socle européen de droits sociaux ».

Défenseuse depuis toujours d’une Europe synonyme de progrès social, la CFTC a tenu à échanger sur ces questions avec ses homologues européens. L’organisation a ainsi invité les représentants des membres [une centaine a fait le déplacement, ndlr] du réseau EZA à réfléchir, d’une part sur les défis sociaux qui affectent les travailleurs, et d’autre part sur l’amélioration du dialogue social.

Des enjeux communs

Les pays européens sont confrontés aux mêmes enjeux : développement du numérique et de nouvelles formes d’emploi, chômage et précarisation, inégalités, concurrence déloyale…

La CFTC soutient la mise en place par la Commission européenne de ce « socle européen ». Ce texte, qui vise à instaurer une harmonisation économique, sociale et fiscale entre les pays de la zone euro, constituerait une base solide pour mieux lutter contre le dumping social, assurer une protection sociale équivalente et aller vers plus d’efficacité et d’équité du marché.

Pour Pierre Martinot-Lagarde, représentant de l’Organisation internationale du travail [OIT], nous sommes à un tournant : « Il n’y aura pas de paix durable sans justice sociale. Nous avons le choix entre le collectif ou l’individualisme. »

Un dialogue social européen en difficulté

Alors que la consultation des organisations syndicales européennes a permis de débloquer des situations et de trouver des solutions au début de la crise, elles ont, depuis, été négligées par la Commission européenne.

Ce socle est une opportunité pour relancer le dialogue social. Il doit permettre de répondre aux évolutions du marché du travail et de réconcilier flexibilité et sécurité des emplois.

Puis, les organisations ont réaffirmé la nécessité de promouvoir la dignité des travailleurs, à travers un salaire juste et de meilleures conditions de travail. Mais, comme l’a rappelé Joseph Thouvenel, vice-président confédéral, il faut aller plus loin : « L’Homme a une valeur non marchande. Ce qui doit l’emporter, c’est la personne. Chacun a le droit à sa part. Tous les travailleurs participent à l’œuvre commune. »

La CFTC, comme les autres membres, est invitée à envoyer sa position sur ce fameux socle à la Commission européenne, qui pourrait s’en inspirer dans sa propre réflexion.