France-Allemagne : quelles coopérations sur le travail ?

France-Allemagne : quelles coopérations sur le travail ?

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Mercredi 19 juillet 2017

Les organisations syndicales françaises et allemandes ont proposé des axes de coopération

« L’Europe sera sociale ou ne sera pas », tel était le message porté d’une seule voix par les organisations syndicales lors du Conseil des ministres franco-allemand du Travail, qui a eu lieu le jeudi 13 juillet 2017.

Ensemble, elles ont proposé des sujets de coopération entre les 2 pays et demandé la constitution de 3 groupes de travail consacrés à l’emploi des jeunes, aux droits équivalents pour les travailleurs européens, et à la transition numérique et ses effets sur l’emploi. Toutes ces demandes n’ont pas été retenues, en raison notamment de l’opposition du patronat allemand.
Les ministres du travail française et allemande se sont engagées à poursuivre 3 objectifs.

Lutter contre le dumping social

Les salaires et les niveaux de protection sociale ne sont pas les mêmes d’un pays à l’autre. La France et l’Allemagne font partie des pays confrontés à la concurrence déloyale de certaines entreprises employant de façon abusive et à moindre coût des travailleurs détachés. Pour lutter contre ces pratiques, la France et l’Allemagne poursuivront leurs efforts pour réviser les règles européennes, en particulier la directive sur les travailleurs détachés.

Renforcer la formation des jeunes, en particulier celle des apprentis

Contrairement aux étudiants universitaires, les apprentis n’ont que peu profité du programme d’échange Erasmus.
En effet, sur 615 000 participants en 30 ans, seuls 25 000 étaient des apprentis. Afin de remédier à ce déséquilibre, les ministres se sont engagées à faciliter la mobilité des apprentis en organisant une Journée franco-allemande spécifique (le 22 janvier 2018). Un guide pratique sera édité, et une application mobile dédiée aux apprentis, candidats à la mobilité, sera développée.

Préparer l’avenir du travail

Sur proposition des organisations syndicales, les ministres ont annoncé la constitution d’un groupe de travail sur « l’avenir du travail », qui débutera ses activités dès septembre 2017.
En concertation avec les partenaires sociaux, et dans l’esprit du Grenelle du numérique que la CFTC promeut, ce groupe réfléchira aux conséquences de la numérisation sur le travail. Ses préconisations seront rendues publiques au cours de l’été 2018.

Cécile Blondelon

Crédit photographique : Wikimédia Commons / Cobber17, Jpbazard