« C’est une première victoire ! », Radouane, cariste chez Amazon et militant CFTC

« C’est une première victoire ! », Radouane, cariste chez Amazon et militant CFTC

Partager

Vendredi 17 avril 2020
Notre drôle de vie

Radouane Mokaouim est cariste chez Amazon à Saran (45). Il est élu CFTC au CSE. Nous le rencontrons pour la troisième fois depuis les débuts de l'épidémie.

Amazon France vient d’être assignée par le tribunal de Nanterre à respecter dans ses ventes la notion de « première nécessité »…

Exactement. Le 14 avril, les juges ont demandé à la société de restreindre l’activité aux produits de première nécessité (alimentation et hygiène) sur tous les sites français, et ce, sous 24 heures, sous peine de pénalités financières : un million d’euros par jour de retard et par infraction constatée. Les juges ont aussi exigé que nous, représentants du personnel, soyons associés aux mesures prises pour empêcher la propagation du virus. À cette fin, nous avons eu hier (le 16 avril, Ndlr) une session extraordinaire du CSE à Brétigny-sur-Orge pour évaluer les aménagements qui ont été faits.

Quelles ont été les décisions prises hier ?

Amazon France a décidé de fermer ses portes jusqu’au 20 avril pour s’organiser. Il est probable qu’elle ne les rouvre que le 11 mai, le jour annoncé par le Président de la République pour la sortie du confinement. Les salariés sont pour l’instant rémunérés à 100 %.

Êtes-vous satisfait, en tant que représentant du personnel, de cette décision de justice et de ses effets ?

Bien sûr, c’est une première victoire ! La pénalité financière a pesé lourd dans la décision de la direction d’Amazon de fermer ses portes. Elle ne nous aurait pas écoutés sans cela. Il faut dire que les juges ont pris en grande considération les mises en demeure de l’inspection du travail concernant le manque d’efforts consentis par l’entreprise pour limiter les risques sur les sites de Saran et de Brétigny-sur-Orge. Nous nous étions en effet rapidement tournés vers les inspecteurs du travail de nos régions respectives. Notre seul bémol concerne le droit de retrait dont certains salariés ont usé : il nous a été refusé.

Amazon France a annoncé qu’elle fera appel de cette décision. C’est le jeu… Ce qui compte vraiment, c’est que le juge aura le dernier mot et que les représentants du personnel sont étroitement associés aux discussions sur les conditions de reprise de l’activité. Cette décision de justice procure une plus grande marge de manœuvre aux organisations syndicales.

Avez-vous eu écho d’éventuelles retombées de la grève des salariés d’Amazon à Staten Island ?

Ça n’a rien produit… Vous savez, le cours des actions d’Amazon, au plus bas en début de crise, ne s’est jamais mieux porté…

 

Propos recueillis par Maud Vaillant