Epargne salariale : des labels pour faire fructifier le bien commun

Epargne salariale : des labels pour faire fructifier le bien commun

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Vendredi 7 juillet 2017

La labellisation permet d’influer concrètement sur le destin de nos économies

L’épargne salariale est la mise en commun, par et pour les salariés, d’une part des résultats ou des bénéfices de leur entreprise, à fin d’épargne. Le Comité intersyndical de l’épargne salariale (CIES) a œuvré pour que cette épargne travaille de manière socialement responsable. Des labels sont mis en place pour guider les salariés.

Un plan au service des salariés

L’épargne salariale est accessible à tous les salariés des entreprises, soit par la loi (obligatoire dès 50 salariés), soit parce que l’employeur et les salariés, via leurs représentants, ont souscrit à cette option ensemble.

Les salariés d’organismes à but non lucratif peuvent également être éligibles sous certaines conditions (l’intéressement doit alors être mesuré au moyen de critères extra-financiers).

Les montants épargnés peuvent provenir des résultats (on parle alors d’intéressement), ou des bénéfices (auquel cas on parlera de participation). Un accord, dit d’intéressement ou de participation donc, définit le type de placement : monétaire, obligataire, actionnaire, en fonction de l’appétence pour le risque, le caractère national ou transnational… ou de critères socialement responsables !

Des labels responsables pour bien choisir

Le Comité intersyndical de l’épargne salariale (CIES), labellise les produits d’épargne salariale, certifiant que les placements concernés sont socialement responsables, c’est-à-dire ne portant pas atteinte aux intérêts des salariés en général. « Nous proposons aux salariés de ne pas placer leur argent n’importe où et n’importe comment. », explique Geoffroy de Vienne, en charge de l’épargne salariale à la CFTC et membre du CIES.

Le comité examine les produits sous plusieurs angles, tous définis dans un cahier des charges :

  • le rapport qualité / prix (sécurité, frais de gestion, service clients),
  • le caractère socialement responsable de la gestion (les placements doivent se décider sur la base de notations extra-financières tierces), et enfin,
  • la gouvernance (les salariés doivent disposer d’une majorité absolue au conseil de surveillance).

« Au-delà du label que nous délivrons aux sociétés de gestion qui sécurisent l’épargne des salariés et contribuent au développement de l’Investissement Socialement Responsable, nous émettons des exigences afin que les entreprises soient dignes de placements. Nous nous intéressons à l’aspect extra-financier, l’environnement social ainsi que la gouvernance de cette dernière. », résume Geoffroy de Vienne.

Et un moyen d’agir !

L’adoption d’un produit d’épargne labellisé permet d’agir très concrètement sur le destin des capitaux. « Les capitaux des salariés deviennent un instrument de pression pour les entreprises. Les salariés veulent peser par une épargne responsable sur les entreprises afin qu’elles développent la prise en compte des critères ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance). Une mauvaise note revient à donner une mauvaise réputation et si l’entreprise ne révise pas le tir, elle n’intéresse de facto plus les investisseurs. C’est une façon d’encourager l’excellence », explique Geoffroy De Vienne.

S’élevant aujourd’hui à 17 Milliards d’euros, les fonds labellisés par le CIES représentent, selon un récent communiqué près de 14% de l’épargne salariale. Une manne qui peut sensiblement peser sur les choix de société et l’orientation prise par nos économies.

Envie de contribuer à cet élan ? N’hésitez pas à vous rapprocher des représentants CFTC du personnel dans votre entreprise, ou près de chez vous.