2016-03-08
Le syndicalisme au féminin.

Le syndicalisme au féminin

8 mars 2016
L'édito de Isabelle Thérain
pour La Lettre confédérale CFTC 1494

La route vers l’égalité entre les femmes et les hommes est encore longue, notamment dans le milieu professionnel et dans la vie militante qui nous intéresse au premier chef. Chaque année, le 8 mars, la célébration de la Journée internationale des femmes nous donne l’occasion de le souligner. Il ne faut certes pas noircir le trait, car des progrès sont enregistrés, mais ils sont encore lents et, à l’allure où vont les choses, il nous faudra plusieurs décennies avant d’atteindre l’égalité complète.
 
Je le vois dans le monde de l’enseignement privé, et plus particulièrement dans l’enseignement professionnel, où je travaillais avant d’occuper les fonctions de trésorière confédérale : les jeunes filles sont ultra-minoritaires dans les filières techniques industrielles, voire carrément absentes. Dans mon lycée du Nord, par exemple, le bac pro "Technicien d’études du bâtiment" compte 20 % de filles, celui "Usinage et bois" n’en compte aucune… Alors que, pour le bac pro "Gestion-administration", le public est en grande partie féminin.
 
On constate aussi un déséquilibre chez les enseignants : les hommes sont très peu présents dans le premier degré (8 %) et ne représentent que 30 % des effectifs dans les collèges et 39 % dans les lycées professionnels. Au moins deux raisons permettent d’expliquer ce phénomène : des salaires peu attrayants qui font fuir les hommes et dont les femmes se contentent bon gré mal gré, et des horaires qui permettent aux femmes de concilier plus facilement vie professionnelle et vie de famille.
 
J’observe, par ailleurs, que le "plafond de verre", selon lequel les niveaux hiérarchiques élevés ne sont pas accessibles aux femmes, existe encore bel et bien dans le secondaire, où les postes de direction sont majoritairement occupés par des hommes.
 
Dans l’engagement syndical, je peux constater qu’il est plus difficile de s‘impliquer lorsqu’on est une femme, car il faut à la fois concilier vie professionnelle, vie familiale et vie syndicale. C’est probablement pour cette raison que les femmes ont plus d’appréhension que les hommes à prendre un poste à responsabilité.
 
Comment faire évoluer la situation ? En promouvant le travail d’équipe – il est fini le temps où chacun pouvait se permettre de travailler seul dans son coin – et en faisant confiance aux femmes ! La Lettre confédérale n°1494, qui fait la part belle aux militantes de la CFTC, montre que les femmes peuvent beaucoup apporter au syndicalisme du XXIe siècle. Alors agissons pour que l’égalité devienne réalité ! 
 
 
Isabelle Thérain
Trésorière confédérale
 
 
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