L'édito de Pascale Coton pour La Lettre confédérale CFTC 1414
Alors que la crise économique et financière semble faire une pause en attendant un nouveau rebondissement de la crise de l’euro ou de la dette souveraine, la crise sociale – au sens large du terme : qui fait lien et qui donne du sens à la vie en société – connaît une nouvelle poussée de fièvre.
Injustice et provocation, intolérance et violence, incompré-hension et résignation sont les couples de mots qui permettent de la caractériser au mieux.
Injustice et provocation : alors que, dans les rues de nos grandes villes, les files d’attente des soupes populaires ne cessent de s’allonger d’année en année, on voit des personnes faire la queue devant les magasins Apple pendant des heures, voire des journées entières, pour être sûrs d’être les premiers à acheter le dernier iPhone. Certains d’entre eux vont même jusqu’à payer des chômeurs pour faire la queue à leur place, bafouant doublement la dignité humaine ; d’abord, en achetant un produit fabriqué dans des conditions dignes du XIXe siècle, ensuite, en profitant de la faiblesse d’une personne…
Intolérance et violence, quand un film, apparemment de piètre qualité et que quasiment personne n’a vu, déchaîne la haine, sème la mort, et risque de monter les communautés les unes contre les autres. Quel que soit le débat de société, il doit instruire, être franc, respectueux et loyal. Il doit permettre de tordre le cou à l’ignorance.
Incompréhension et résignation, lorsqu’on assiste impuissant au délitement de la société française, parce que les élites censées nous gouverner manquent de courage, se contentent de gérer les urgences, nient la réalité et refusent de trancher en ayant comme unique souci le bien commun. Nos concitoyens sont troublés ; ils attendent de nous que nous fassions preuve de responsabilité et d’audace, que nous leur apportions les repères qui leur font défaut et que nous leur tenions un langage de vérité.
C’est dans cet état d’esprit que la CFTC aborde les négociations qui viennent de s’ouvrir sur la réforme du marché du travail et que nous relèverons les défis qui nous attendent.
Pascale Coton
Secrétaire générale