2012-09-19
De plus en plus d’inégalités….

De plus en plus d’inégalités…

19 septembre 2012
L'édito de Pascale Coton pour La Lettre confédérale CFTC 1413
Les chiffres sont là ; accablants. L’Insee vient de révéler que la France comptait, en 2010, 8,6 millions de personnes vivant au-dessous du seuil de pauvreté, fixé par convention à 60% du salaire médian, soit 964 euros par mois.
 
Et, loin de régresser, cette paupérisation rampante de la société française – que j’ai déjà eu l’occasion de dénoncer – s’accélère, avec près de 500 000 personnes de plus qu’en 2009.
 
Parmi les catégories sociales les plus touchées figurent les demandeurs d’emploi et les jeunes de moins de 18 ans, notamment ceux qui vivent dans une famille monoparentale, en augmentation de 2% en un an.
 
L’étude de l’Insee confirme, en outre, que notre pays est de plus en plus inégalitaire : toutes catégories confondues, le niveau de vie de nos concitoyens a baissé, à l’exception notable des 5% les plus aisés qui ont vu leurs revenus augmenter d’1,3%. Non seulement ces chiffres témoignent de l’inefficacité sur le long terme des politiques de lutte contre la pauvreté (RMI, RSA, prime de solidarité active…), mais ils mettent aussi en évidence l’injuste répartition des richesses : “l’évolution des salaires explique en partie la hausse des inégalités”, conclut l’Insee.
 
Plus que jamais, il est temps de s’attaquer aux causes réelles de la paupérisation et non à ses manifestations. Si notre pays s’appauvrit, comme d’autres nations européennes (y compris la “vertueuse” Allemagne où les jobs à un euro de l’heure se multiplient), c’est que le remède prescrit pour le guérir a des effets secondaires redoutables, au point que le pronostic vital de la zone euro semble aujourd’hui engagé.
 
Nous avons tous, au niveau qui est le nôtre, un rôle à jouer pour inverser la tendance. Ainsi, dans la négociation qui va s’ouvrir sur la réforme du marché du travail, nous aurons à démontrer que ce qui entrave la compétitivité des entreprises, c’est moins le coût du travail que l’austérité. Enfin, dans les entreprises, les délégués CFTC devront avoir à coeur d’influencer les négociations salariales pour que le travail des salariés soit reconnu à sa juste valeur.
 
Pascale Coton
Secrétaire générale
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