2012-09-11
État d’urgence.

État d’urgence

11 septembre 2012
L'édito de Pascale Coton pour La Lettre confédérale CFTC 1412
Les chiffres du chômage ne prêtent guère à l’optimisme. Tour à tour, le ministère du Travail et l’Insee viennent de confirmer une hausse sensible du nombre de demandeurs d’emploi au cours des derniers mois.
 
On avait beau s’y attendre, cela ne peut laisser indifférents les syndicalistes que nous sommes. D’autant que les prévisions ne permettent pas d’envisager d’amélioration avant longtemps.
 
Face à la gravité de la situation, le gouvernement multiplie les mesures d’urgence afin d’inverser la tendance.
 
Il a tout d’abord annoncé la création rapide des emplois d’avenir : subventionnés à hauteur de 75 %, ils concernent les jeunes de 16 à 25 ans et sont limités à trois ans. Ils ne sont rien d’autre qu’une redite des contrats jeunes, lesquels, s’ils ont permis de faire baisser momentanément le nombre de chômeurs, n’ont pas vraiment contribué à une insertion professionnelle pérenne des personnes concernées.
 
Seconde piste envisagée, plus sérieuse celle-là : les contrats de génération. Ils s’adressent d’abord aux entreprises de moins de 300 salariés qui bénéficieront d’un allègement de cotisations sociales de 4 000 euros par an et contrat signé, pour l’embauche d’un jeune en CDI et le maintien d’un senior dans l’emploi. Le second servant de tuteur au premier. Ces contrats constituent une réelle progression pour l’accès à l’emploi durable des jeunes.
 
Le projet gouvernemental comporte, cependant, plusieurs zones d’ombre qu’il nous appartiendra d’éclaircir lors de la négociation qui devrait s’ouvrir rapidement.
 
Quid, par exemple, de la sécurité de l’emploi pour le senior qui refusera d’être tuteur, car tout le monde ne peut pas s’improviser pédagogue du jour au lendemain ?
 
Quid de l’avenir du senior si le jeune met fin à son contrat ? Enfin, si la CFTC se félicite d’avoir été entendue sur son projet de pépinière, qui facilite la reprise d’une TPE ou d’un petit commerce par un jeune, la négociation devra contribuer à l’amélioration du projet initial sur la formation et l’accompagnement du jeune.
 
Il sera long le chemin pour retrouver le plein-emploi. Le capitalisme financier, responsable de l’aggravation de la situation, dirige depuis trop longtemps nos entreprises. Tout doit être fait pour que le capital humain reprenne le dessus.
 
 
Pascale Coton
Secrétaire générale
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