2012-07-09
Déni de réalité.

Déni de réalité

9 juillet 2012
L'édito de Pascale Coton pour La Lettre confédérale CFTC 1406 du 5 juillet 2012
Surtout ne rien changer et flexibiliser davantage le marché du travail. Telles sont les priorités du patronat, présentées par Laurence Parisot dans un entretien paru à quelques jours de la grande conférence sociale des 9 et 10 juillet. Selon elle, il ne faut pas toucher aux allègements de cotisations sociales ! Ce serait catastrophique en termes d’emploi.
 
Or, aucune étude sérieuse ne vient confirmer l’affirmation de la patronne des patrons. Et les faits démontrent le contraire : depuis 1993, date à laquelle ont été décidées les premières exonérations, la situation de l’emploi n’a cessé de se dégrader pour un coût de plus en élevé pour les caisses de l’État et de la Sécurité sociale. Pour rendre encore plus flexible le marché du travail, le patronat propose ni plus ni moins que d’élargir au collectif la rupture conventionnelle. Exit, donc, les plans de sauvegarde pour l’emploi, place au gré à gré à grande échelle. Plus le Medef parle de responsabilité sociale des entreprises, moins il la pratique. Quant au Smic, ce fut une erreur de l’augmenter…
 
Mais qu’on se rassure, si le patronat est opposé au Smic, c’est pour le bien des salariés ! Car le salaire minimum pèse sur l’emploi. Conclusion : si rien ne va aujourd’hui, ce n’est pas à cause des employeurs, mais des syndicats. Et Laurence Parisot de citer l’exemple de la GPEC qui ne fonctionne pas bien à cause des représentants du personnel.
 
Il est étonnant de voir à quel point le patronat est dans le déni de la réalité. Nous partageons tous la responsabilité de la situation dans laquelle nous nous trouvons actuellement et il est mal venu de rejeter la faute sur qui que ce soit. La grande conférence sociale nous offre l’occasion d’un aggiornamento du dialogue social. Cela nous oblige à faire fi de nos préjugés, à renoncer à nos habitudes, à reconnaître que le système actuel a des ratés, à nous remettre en cause pour répondre au mieux aux attentes des salariés et de leur famille. La CFTC y est prête !
 
Pascale Coton,
Secrétaire générale
 
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