2012-04-11
Tous les coups ne sont pas permis.

Tous les coups ne sont pas permis

11 avril 2012
L'édito de Pascale Coton pour La Lettre confédérale CFTC 1395 du 5 avril 2012
Les attaques récentes du président-candidat contre le syndicalisme ne sont pas correctes. Certes, la France est en campagne électorale et les déclarations à l’emporte-pièce teintées de démagogie à seule fin de piéger l’électeur sont monnaie courante en pareille période. Mais, je regrette, tous les coups ne sont pas permis. Nicolas Sarkozy a-t-il songé aux effets dévastateurs de ses propos au cas où il serait réélu au soir du 6 mai ?
 
Le dialogue social apaisé, vrai et dépourvu de toute considération idéologique que prône la CFTC pourrait s’en trouver durablement affecté, et nous n’avons pas besoin de ça pour faire face à la crise. Sans compter que de telles déclarations soulèvent au moins deux problèmes de fond.
Primo, le rôle du président de la République, garant du bien commun et de la paix sociale, n’est pas de prendre parti pour une catégorie de Français et contre une autre ; il n’est pas de diviser pour mieux régner ; il est de gouverner dans un souci d’équité.

Secundo, le chef de l’État fait l’amalgame entre des organisations syndicales au lourd passé contestataire et d’autres, dont la CFTC qui, depuis sa création, ne vise qu’un objectif : fonder l’entreprise et la société sur des valeurs de respect des personnes. Le « tous pourris » adressé par certains au monde politique n’a jamais été la tasse de thé de la CFTC.

Nous aimerions qu’il en soit de même à l’égard du syndicalisme et des corps intermédiaires. D’autant que les militants syndicaux, dans les entreprises, dans les branches professionnelles et dans les territoires mouillent très souvent leur chemise pour éteindre les incendies allumés par le patronat et certains politiques locaux ou nationaux. Par la négociation, ils obtiennent des avancées sociales considérables pour les salariés, les agents des fonctions publiques, les demandeurs d’emploi, les retraités et leur famille.

Les temps sont difficiles, une élection présidentielle est un véritable parcours du combattant, une sortie de crise n’est jamais évidente. Autant de raisons pour favoriser le débat d’idées et ne pas jeter l’anathème sur tel ou tel.
 
Pascale Coton
Secrétaire générale
Retour à la liste .