Les plans d’austérité successifs mis en place par le gouvernement depuis début 2011, n’ont pas tardé à faire sentir ses effets dévastateurs. Depuis plusieurs semaines, les mauvaises nouvelles se succèdent. Ainsi courant janvier, apprenait-on que le nombre de demandeurs d’emploi n’a jamais été aussi élevé depuis une dizaine d’années. Le 1er février, l’Insee révélait qu’en 2011 la consommation des ménages avait reculé de 3,1 %. Raison pour laquelle les prévisions de croissance pour 2012 ont été revues à la baisse (0,5 %). Le même jour, la fondation Abbé Pierre indiquait dans son rapport annuel que le mal-logement est désormais une réalité bien enracinée dans la société française, qu’il touche des catégories de plus en plus variées et qu’il constitue un facteur d’exclusion. Tous ces indices démontrent que notre société est bel et bien en voie de paupérisation, au même titre que les sociétés grecque, espagnole, portugaise… à un degré moindre, certes, mais néanmoins réel.
On le voit, les différents éléments constitutifs de la dignité humaine sont régulièrement piétinés par le rouleau compresseur de la finance et se réduisent progressivement comme peau de chagrin : l’emploi synonyme d’intégration sociale, le salaire qui permet au travailleur et à sa famille de vivre dans des conditions décentes, la reconnaissance du travail bien fait, la qualité de vie, le logement… La campagne électorale est l’occasion pour ceux qui nous gouvernent de se pencher sur les préoccupations des salariés. Mais avant, qu’ont-ils fait ? Et après, que feront-ils ? À la CFTC, c’est toute l’année que nos militants s’engagent aux côtés des salariés dans les entreprises, dans les régions, dans les fédérations,... Concernant le logement, c’est une priorité pour la CFTC, surtout en cette période de grand froid. Notre rapport-programme, adopté au congrès en novembre, contient des pistes concrètes pour répondre aux situations d’urgence, s’attaquer aux racines du mal-logement et résoudre le problème sur le long terme. Il nous appartient à tous de nous en saisir, de dénoncer ceux qui profitent de cette situation et de mettre les élus devant leurs obligations en matière de logements sociaux !
Pascale Coton
Secrétaire générale