2016-01-18
Plan pour l'emploi.

Plan pour l'emploi

11 janvier 2016
La CFTC plaide pour une refonte de l'apprentissage et pour l'amélioration des mobilités choisies
La CFTC est reçue ce lundi à Matignon pour discuter du plan pour l'emploi annoncé par le Président de la République lors de ses vœux. Ne contestant pas le principe de mesures d'urgence, la CFTC souhaite privilégier des solutions nouvelles, les réponses classiques habituellement apportées ayant échoué à solutionner durablement le problème du chômage.
 
Pour la CFTC, les diverses composantes de ce plan devront cibler prioritairement les métiers et activités liées à la transition numérique et écologique. La CFTC défendra également ses propositions concernant les mobilités choisies (professionnelles et géographiques), qui doivent être identifiées puis accompagnées afin d'enclencher une réelle dynamique au sein du marché du travail. Enfin, elle plaidera pour une refonte de l'apprentissage pour faire de celui-ci une voie d'excellence pour l'insertion professionnelle et une chance pour les entreprises.
 
Proposition 1 - Simplification des dispositifs d'apprentissage, développement et promotion :
 
Outre la promotion de ces dispositifs, via la valorisation des métiers de la filière artisanale, son développement dans la fonction publique, et une adaptation des contenus de formation vers les métiers d'avenir, la CFTC proposera la fusion des contrats d'apprentissage et de professionnalisation.
 
La notion d'apprentissage doit être élargie avec une refonte du statut de l'apprenti. Pour la CFTC, ce contrat doit être ouvert à tous, tout au long de la vie professionnelle, sans limites d'âge, avec une rémunération au moins égale au SMIC, ou au minimum conventionnel (si plus avantageux). De même, une harmonisation des certifications et des durées de formation devra être engagée. Ce dispositif devra déboucher obligatoirement sur un CDI ou un CDD d'au moins 12 mois.
 
Enfin, alors que le patronat a exposé de nouvelles revendications ce week-end, la CFTC rappelle que dans le cadre du pacte de responsabilité, la poursuite des négociations de branches puis d'entreprises constitue, à court terme, le principal levier de promotion de l'apprentissage.
 
Proposition 2 - Développer les mobilités choisies des actifs encore trop freinées, et favoriser la mobilité pour les demandeurs d'emploi :
 
- En développant la mobilité interentreprises, promouvoir le dispositif existant de « période de mobilité volontaire sécurisée » et le rendre accessible pour les PME TPE ;
 
- En facilitant le départ en formation des salariés des TPE en sécurisant leur remplacement : la CFTC propose la mise en place d'une convention quadripartite, entre un demandeur d'emploi, Pôle emploi, le chef d'entreprise et l'Opca, qui permettrait le remplacement du salarié de la TPE par un demandeur d'emploi ;
 
- En assouplissant les critères de l'aide à la mobilité de Pôle Emploi ;
 
- En croisant les compétences des demandeurs d'emploi avec les offres d'emploi des entreprises en réformant le Code ROME (approche par compétence en plus de l'approche par métier) ;
 
- En suivant la recommandation 4 du rapport du Conseil National du Numérique, c'est-à-dire en reconnaissant un droit individuel attaché à toute activité contributive. Cet axe rejoint la vision d'une mobilité volontaire et sécurisée que la CFTC préconise dans sa motion d'orientation, via la création d'un revenu qui rémunère les activités à forte valeur sociale et sociétale ajoutée.
 
- Concernant les 500 000 formations prioritaires, il s'agira de cibler les salariés en demande de mobilité et les demandeurs d'emploi, à même de remplacer rapidement les salariés en mobilité. Les mobilités vers les métiers du numérique et de la transition énergétique peuvent être un autre critère de ciblage.
 
Enfin, certaines de ces mesures visant à accompagner ces mobilités volontaires pourraient être financées, en partie, par les fonds de revitalisation des territoires non encore affectés. La CFTC fonde sa proposition sur un récent rapport de la Cour des comptes qui stipule que les effets de ces fonds sur l'emploi sont pour l'instant difficiles à mesurer.
 
Retour à la liste .