2010-07-20

Pour l’âge de départ à la retraite, la CFTC défend le principe du libre choix.

Ainsi, la CFTC revendique pour tous les salariés la possibilité de bénéficier de retraites personnalisées.

La CFTC s’oppose à une évolution de l’âge minimum de liquidation de la pension et propose de conserver les 2 âges pivots :
  • 60 ans pour permettre le départ de ceux qui le souhaitent et notamment ceux qui remplissent les conditions requises de durée d’assurance.
  • 65 ans  pour permettre un départ à la retraite quelque soit le nombre de trimestres cotisés, sans abattement. Un départ à 65 ans représente une garantie sociale auquel tout assuré à droit.

La CFTC souhaite conserver des conditions spécifiques, liées notamment à la pénibilité (régimes spéciaux, services actifs…).



La loi du 12 août 2003 qui porte sur la réforme des retraites prévoit que la durée nécessaire pour bénéficier d'une pension de retraite à taux plein, fixée à 162 trimestres aujourd’hui, augmente chaque année pour atteindre 164 trimestres en 2012.
 



 
pascale coton.

Trois questions à Pascale Coton – Secrétaire Général Adjointe, Responsable du dossier retraite à la CFTC


« Pour un départ à la retraite personnalisé »
Permettre aux personnes de réaliser leur projet de vie en leur donnant des droits, mais aussi des devoirs : telle est la philosophie du Statut du travailleur CFTC. Pas étonnant qu’on la retrouve dans le positionnement confédéral sur les retraites exprimé par Pascale Coton, secrétaire générale adjointe de la CFTC chargé du dossier.

 

Pourquoi la CFTC souhaite-t-elle le maintien d’un système par répartition ?


Pascale Coton - La CFTC se base sur un constat simple. La crise a démontré une fois de plus que notre système de protection sociale jouait un rôle d’amortisseur social solide quasiment sans équivalent en Europe.
Cela ne peut que conforter l’attachement de la CFTC à la robustesse de notre système de retraite par répartition comparé au risque de la capitalisation. Nous ne cesserons pas de le répéter, c’est le seul système qui tient compte de la solidarité entre les générations et des droits non-contributifs, agissant comme un véritable rempart contre la précarité.
 
Notre système de retraite actuel nous garantit une pension fiable avec un niveau stable contrairement aux systèmes par comptes notionnels.  


Certains estiment indispensable de repousser l'âge légal du départ en retraite. Quelle est la position de la CFTC, est-elle tenable ?


PC - La CFTC défend un principe de libre choix ou de retraite à la carte. Les salariés doivent avoir la possibilité de bénéficier d’un départ à la retraite personnalisée. P
our la CFTC, une évolution de l’âge minimum de liquidation de la pension est à écarter. Nous voulons deux âges pivots : 60 ans, d’une part, pour permettre le départ à la retraite de ceux qui le souhaitent et notamment ceux qui remplissent les conditions requises de durée d’assurance, et 65 ans, d’autre part, quel que soit le nombre de trimestres cotisés, car c’est une garantie sociale auquel tout assuré à droit et sans abattement.
Des conditions spécifiques restent à maintenir pour les régimes dits « spéciaux » (ou services actifs) liés à la pénibilité.
 

Pourquoi la pénibilité doit-elle être prise en compte dans le calcul des retraites ? Que propose la CFTC ?


PC - La prise en compte de la pénibilité, suppose une correction de l’usure au travail.
La diminution des facteurs classiques de pénibilité (efforts physiques répétés, postures pénibles, expositions aux bruits, chaleur, travail de nuit, stress, pression commerciale, public difficile…) doit permettre la diminution des contraintes de travail et favoriser un suivi médical tout au long de la carrière.
Pour la CFTC, on peut difficilement laisser des salariés occuper des emplois pénibles pendant, 20, 30 ou 42 ans sous prétexte qu’ils pourront partir plus tôt à la retraite. Un vrai travail doit être fait en amont pour favoriser la prévention primaire. L’amélioration des conditions de travail doit impliquer un temps de carrière limité sur les emplois pénibles. Au-delà de la prévention,  le principe de la réparation doit s’appliquer.
Lorsque certains métiers sont particulièrement exposés à la pénibilité, les personnes doivent pouvoir accéder à leur retraite proportionnellement plus tôt, grâce au bénéfice d’une bonification. Quand l’espérance de vie est réduite par l’usure au travail des compensations s’imposent.
 
Pascale COTON - Secrétaire Générale Adjointe
Crédit - Bernard Gouedar 2010