2007-07-09
L’alarme sociale, alternative au service minimum.

L’alarme sociale, alternative au service minimum

19/05/2007
La CFTC innove au service du dialogue social
 
Ce serait la première décision sociale du nouveau pouvoir exécutif. L’ouverture d'une négociation sur le service minimum dans les transports publics en cas de grève devrait avoir lieu plus tôt que prévu, soit avant le mois de juin. “ De nombreux accords instituant l'alarme sociale dans certaines entreprises existent, a rappelé Jacques Voisin au nouveau Président de la République, Nicolas Sarkozy, lors de leur rencontre le 15 mai dernier. La CFTC saura s’en saisir car les organisations syndicales sont capables de creuser la question ”. La CFTC a en effet mis en place un système d'alarme sociale à la RATP afin d’éviter les conflits préventifs et les grèves inutiles. Un accord signé en 1996, sous l’impulsion des délégués CFTC, a mis en place un système de veille sociale, d’observatoire des risques de conflits (revu tous les cinq ans). Dès la détection d’un litige, l’alarme sociale est déclenchée : les parties se rencontrent dans l’urgence et s’engagent à tout mettre en oeuvre pour résoudre le problème. En cas de désaccord persistant, la négociation est seulement suspendue. L’intérêt est de favoriser le dialogue, contrairement aux situations traditionnelles où la grève est un mode d’expression d’un mécontentement. A terme, l’alarme sociale crée une culture de la négociation et de l’écoute dans l’entreprise. Les salariés s’y sentent mieux pris en compte. Les syndicats y sont valorisés. Voilà qui est intéressant pour esquiver la mise en place idéologique du service minimum, tout en garantissant la liberté de faire grève. Car le but est bien de contenir les conflits abusifs. Pour la CFTC, la généralisation de l’alarme sociale est la clé pour dépasser l’antagonisme stérile présenté souvent dans les médias entre le droit des salariés et le droit des usagers. Car sur cette question, l’essentiel aujourd’hui est qu’une négociation s’ouvre, ce qui ne semblait pas évidement si on se réfère aux dires durant la campagne électorale. L’heure est donc aux bonnes idées qui ont fait leurs preuves. Car si la négociation échoue, il y aura une loi à l'automne.


A la SNCF, la CFTC ne roule pas sur les mêmes rails La CFTC vient de s’opposer, à la SNCF, à une action de grève préventive qui était envisagée le 5 juin par la CGT pour “ répondre aux enjeux sociaux et économiques posés aux cheminots et au service public de la SNCF ”. La CFTC s’oppose à ce type de conflit qui dévalorise le dialogue social et alimente ainsi les tenants de la mise en place d’un service minimum. Dans le contexte des élections législatives, c’est imprudent : “ loin de servir la cause des cheminots, une grève aurait plutôt servi la soupe à nos détracteurs et autres partisans du service minimum ”, explique Bernard Aubin, secrétaire fédéral CFTC Transports, qui ajoute : “ le contexte est effectivement difficile pour eux ; est-il nécessaire d'affaiblir les capacités de mobilisation alors que nous allons sans doute très tôt en avoir besoin ? ”

Retour à la liste .