2007-11-29
Une société d’isolés.

Une société d’isolés

29/06/2005
Exclusion, pauvreté, précarité
En France, 3,5 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté (1). Elles n’ont rien pour vivre, parfois pas de domicile fixe (20 % sont en logement précaire), souvent pas de reconnaissance sociale ou de soutien affectif. 60 % sont endettés, principalement à cause des dépenses de loyer ou d’énergie.
 
Il y a deux causes majeures : l’absence du revenu du travail et l’isolement, souvent par éclatement de la solidarité familiale. 29 % des personnes rencontres par le Secours catholique en 2003 constituent des familles monoparentales et 43,5 % sont seules.
 
Aujourd’hui en France, presque plus personne ne meurt de faim et la grande majorité des « SDF » réussissent à dormir à l’abri. La pauvreté monétaire diminue, et l’accès aux soins est garantis.
 
Mais tout cela est un cache-misère : si la pauvreté régresse, l’exclusion progresse fortement. Le nombre d’allocataires des minima sociaux progresse chaque année. Si on compte les conjoints et le nombre de personnes à charge, c’est plus de six millions de personnes qui dépendent des minima sociaux, dont un million d’enfants de moins de quatre ans. Cela représente plus de 10 % des ménages en France.
 
Qui sont-ils ? Des exclus du travail ? Certainement, des victimes de plans sociaux insuffisants. Mais pas seulement, puisque le travail, précarisé, ne protège plus de l’exclusion.
 
Les jeunes sont-ils à l’abri ? Non, pour beaucoup, la misère commence très tôt. Notre société créée de l’exclusion et elle est devenue l’affaire de tous.
 
Pour la CFTC, « la majorité des personnes en situation de pauvreté sont avant tout victimes d’un contexte économique et social. Il est temps de bâtir un réel plan de bataille.
 
La lutte contre la pauvreté passe par l’accès à une éducation de qualité et à la formation professionnelle pour tous.
 
L’objectif doit être de construire un statut du travailleur qui garantisse l’accès aux droits fondamentaux (éducation, santé, revenu…) à tout citoyen notamment l’accès à un emploi lui permettant de vivre et de faire vivre sa famille décemment.
 
La pauvreté peu à peu gangrène et met en danger la démocratie. »

(1) Le seuil de pauvreté correspond à la moitié du revenu moyen des Français. En 2003, ce seuil est établi à soit 650 euros par mois pour une personne seule.
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