2016-02-19
Le revenu de base.

Le revenu de base

18 février 2016
Utopie ou solution ?
Une allocation de base versée à tous. L’idée est plus que jamais en vogue. Mais est-ce vraiment une cause à soutenir ? Tout dépend de la définition que l’on accole à ce terme. Aux yeux de la CFTC, il ne peut s’agir que d’un revenu "contributif", respectueux de la dignité humaine.
 
Tel un serpent de mer, l’idée de revenu de base universel refait régulièrement surface. Et il est fort probable, compte tenu de notre incapacité à lutter contre la pauvreté, à résoudre le chômage et à réformer le financement de la protection sociale,  qu’il reste émergé quelque temps. Car le revenu de base universel permettrait de remédier à tous ces maux à la fois… du moins en théorie et selon ses partisans qui appartiennent à toutes les tendances de l’échiquier politique, à toutes les écoles de pensée dans de nombreux pays.
 
De quoi s’agit-il ? Ni plus ni moins que d’allouer à chaque citoyen français, dès sa naissance, une somme d’argent qui lui permettrait de (sur)vivre dignement ; libre à lui, ensuite, de travailler pour augmenter ses revenus. Utopique, ce projet ? Toujours est-il qu’il a fait l’objet d’un amendement au projet de loi de finances 2016 et que l’Assemblée nationale en a débattu en novembre, que le Conseil national du numérique (CNNum) en a fait la proposition phare de son rapport intitulé «Travail emploi, numérique : les nouvelles trajectoires », remis début janvier à la ministre du Travail, que le nouveau gouvernement finlandais propose de l’expérimenter d’ici à 2017 et d’en faire le bilan en 2019, et qu’il sera l’objet d’une votation en Suisse en juin prochain.
 
Ses détracteurs lui reprochent pêle-mêle d’encourager la fainéantise, d’alourdir les finances publiques, de fabriquer des assistés, de désacraliser le travail…
Il suscite en tout cas de nombreuses questions : quel montant ? quel financement ? quel avenir pour les minima sociaux actuels ?
 
La CFTC n’y est pas opposée a priori ; tout dépend des réponses apportées à ces questions et de la philosophie retenue. Si c’est une rente sur la richesse collective, pourquoi pas ? S’il s’agit, en revanche, d’acheter la paix sociale en dotant ceux que l’on considère comme incapables de s’insérer, c’est non. Dans sa motion d’orientation adoptée par le dernier Congrès, la CFTC préfère parler de "revenu contributif que percevrait tout actif pour l’emploi ou les emplois occupés, mais aussi pour les divers temps contribuant à entretenir, développer et valoriser ses capacités et savoirs".
 
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