2016-01-28
BPCE SA (Banque Populaire, Caisse d'Epargne...).

BPCE SA (Banque Populaire, Caisse d'Epargne...)

27 janvier 2016
Un management pathogène
Déjà condamnée à 25 500 € d’amende par un jugement du 18 décembre 2015, pour 317 infractions au Code du travail relatives au temps de travail, BPCE SA est aussi dans le collimateur de l’inspection du travail pour des « comportements managériaux pathogènes » dans l’une de ses directions.
 
Il aura fallu une décision de justice pour que BPCE SA ajoute à son règlement intérieur l’obligation de badger deux fois par jour pour les cadres au forfait, et la coupure des messageries de 21 h à 7 h et le week-end. En faudra-t-il une autre pour qu’elle remédie aux problèmes de souffrance au travail au sein de son secrétariat général - direction juridique (SGDJ) ?

« Les conclusions sont accablantes » : c’est par ces mots que l’inspecteur du travail entame, le 28 septembre 2015, la lecture de son compte rendu d’enquête au CHSCT, dont la CFTC BPCE SA publie des extraits sur son blog. « Dans un silence absolu », raconte Nicolas de Bourgies, membre du CHSCT et DS CFTC, il détaille les six infractions relevées, dont « mise en danger d’autrui », dénombre une vingtaine d’« effets sur la santé physique et mentale des salariés » − trois d’entre eux évoquant des pensées suicidaires − liés à des « comportements managériaux pathogènes ».
 
Malgré la recommandation de l’inspecteur du travail et la proposition des membres CFTC et CFE-CGC du CHSCT, suite à l’examen, le 12 mars 2015, des statistiques du cabinet médical, le président du Comité (le DRH) et les membres du syndicat majoritaire Unsa avaient refusé l’auto-saisine du CHSCT en vue d’une enquête sur l’état de santé des salariés du SGDJ. « Début juin, l’inspecteur a débarqué pour mener sa propre enquête, relate Nicolas de Bourgies. Il a indiqué avoir recueilli pendant un mois une trentaine de témoignages ».
 
La réponse de la direction consiste, selon le blog de la CFTC, « à tout nier en bloc » et à annoncer « un nouvel accompagnement de l’équipe par un prestataire ». Aucun manager ne semble inquiété. Si l’inspecteur du travail transmet son PV au procureur de la République, celui-ci pourra décider ou non de poursuivre la banque.
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