Une mesure qui permet de créer 500 000 emplois sur cinq ans et profite aux jeunes comme aux seniors… Par les temps qui courent, c’est tentant.
C’est en tous les cas ce qu’ambitionne de faire le contrat de génération, mesure phare du programme de François Hollande, qui devrait entrer en vigueur en 2013. Le dispositif propose à une entreprise qui embauche un jeune de moins de 25 ans en CDI de le placer sous l’aile d’un senior de plus de 55 ans, chargé de le « tutorer ».
À la clé : l’exonération de cotisations sociales, totale pour le jeune, et partielle pour son aîné, pendant maximum cinq ans ou jusqu’aux trente ans du nouveau venu.
Trop beau pour être vrai ? Outre un petit côté « usine à gaz » – les intéressés devraient produire un rapport retraçant les actions du senior et validant les acquis du jeune tous les six mois, et l’entreprise un bilan tous les ans –, le senior (parce qu’il est senior) est-il la meilleure ressource interne pour transmettre les savoirs ? Dans certains métiers, un salarié ayant le plus de technicité, et pas forcément de la bouteille, serait bien plus à même de former un jeune. C’est le besoin qui crée l’embauche, et non l’inverse.
D’autre part, le contrat de génération n’échappe pas au risque de l’effet d’aubaine qui pourrait tenter certains employeurs. La CFTC craint, par exemple, qu’une entreprise ayant déjà signé un accord senior, et qui donc n’a pas (a priori) l’intention de les licencier, tire partie des deux dispositifs pour embaucher des jeunes dont elle aurait eu de toute façon besoin. Au risque de ne pas créer d’emploi.
Le gouvernement a mis le contrat de génération au menu de la conférence sociale des 9 et 10 juillet et a l’intention de le faire passer à la moulinette de la négociation interprofessionnelle. Ce ne sera pas du luxe.