2012-05-30
L'actualité commentée par un délégué CFTC .

L'actualité commentée par un délégué CFTC

14 mai 2012
Un plan de départs volontaires victime de son succès... par Karine Vial-Montpellier, délégué syndicale CFTC, Société Générale, services centraux, Paris
 
 
 
 
Depuis le 2 avril, un plan de départs volontaires (PDV) est ouvert au niveau des services centraux de la Société générale. Les salariés étant bien plus nombreux que prévu à se porter candidats, la direction en est venue à refuser les demandes de départ. Comment expliquez-vous cette situation paradoxale ? Dans quel contexte le plan a-t-il été conçu ?
 
Karine Vial-Montpellier
 
« Ce plan a été motivé par les nouvelles obligations que la réglementation Bâle 3 (mise en place suite à la crise des subprimes, NDLR) fait peser sur les banques en termes de fonds propres et de liquidité, et qui a contraint notre établissement à réduire, voire à supprimer, les activités trop gourmandes. Avec pour conséquence la diminution parallèle des équipes de la banque d’investissement, quand ce n’est pas leur disparition pure et simple.
 
Le plan négocié avec la direction, qui concerne 880 suppressions de poste, a été lancé le 2 avril et a généré un raz-de-marée de demandes de départ, tant des salariés concernés directement par ces suppressions que ceux des autres entités. C’était de la folie ! Plus de 1 200 demandes de rendez-vous dans les premiers 10 jours ! Il est vrai que le plan propose des conditions de départ très généreuses. De fait, beaucoup de salariés, souvent des trentenaires très qualifiés ont voulu profiter de cette opportunité pour lancer une activité.
 
Confrontée au "succès" de son plan, la direction a très vite limité les validations de départ aux salariés directement concernés, générant, du coup, beaucoup de déception et de frustration chez les autres, qui y avaient cru !
 
Pourquoi un tel engouement en ces temps incertains ? S’il y a eu indéniablement un effet d’aubaine, les raisons sont également plus profondes.
 
L’ambiance et la situation en interne se dégradent constamment depuis quelques années. Nous avons connu, l’été dernier, une vague de licenciements pour insuffisance professionnelle et la mise en œuvre d’une nouvelle grille d’évaluation des salariés, introduisant des critères comportementaux, avec comme conséquence une sérieuse perte de confiance dans l’entreprise.
 
Ce climat délétère a certainement décidé plus d’un salarié à tenter sa chance ailleurs. Les conditions de départ sont généreuses et nous nous en félicitons, mais en tant que syndicalistes, nous aurions préféré conserver les activités supprimées et les salariés qui leur étaient attachés. Nous sommes dans une situation très inhabituelle : des salariés réclament leur licenciement.
 
Par ailleurs, certains sont dans une position délicate. Espérant bénéficier du PDV, ils ont dû en aviser leur hiérarchie afin de rendre leur poste disponible pour un reclassement interne, mais la direction ne veut pas les laisser partir. Soit nous devons trouver une solution pour qu’ils aient gain de cause, soit, s’ils restent dans l’entreprise, il nous faudra être très vigilants pour que cet épisode ne nuise pas à leur évolution de carrière. »
 
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