2012-03-20
L'actualité commentée par un délégué CFTC .

L'actualité commentée par un délégué CFTC

20 mars 2011
C’était LA "sucess story" alsacienne… Le sera-t-elle encore demain?
 
 
 
 
 
 
Crédit photo : Chrystel Lux – mars 2012
 
 
 
Comment votre entreprise, deuxième fournisseur mondial de chariots et fleuron de notre industrie, a-t-elle pu se retrouver en redressement judiciaire ? Comment expliquez-vous cette situation ? Quelles sont les espérances des salariés ?
 
 
Jean-Paul Ostertag,
délégué syndical CFTC Caddie, à Drusenheim (67)
 
 
 
« Les salariés ont été rassurés de toucher leur paye de février, qui a été versée par l’AGS, régime de garantie des salaires. Tous espèrent que des investisseurs sérieux se manifesteront...
 
Caddie est une entreprise fondée en 1928, c’est une marque emblématique, vendue partout dans le monde. Nous fabriquons des chariots pour la distribution, mais aussi pour les aéroports, l’hôtellerie, les hôpitaux, etc. Nous innovons en permanence et nos carnets de commande sont pleins.
 
Les salariés sont très attachés à cette entreprise familiale. Mais, sans doute, avons-nous pâti d’un mode de gestion en circuit fermé, sans réelle réorganisation, ce qui nous a conduits à être déficitaires pendant des années jusqu’à accuser une perte de 10 millions d’euros en 2011. Alice Deppen-Joseph, actionnaire majoritaire, "Mademoiselle" comme nous l’appelons dans la région, est aujourd’hui âgée de 83 ans. Elle a dirigé l’entreprise sans jamais recourir à l’emprunt, préférant injecter de l’argent elle-même quand c’était nécessaire. Elle a sans doute un peu trop tardé à passer le relais à l’actuel PDG, Stéphane Dedieu, qui depuis son arrivée en 2009, donne de nouvelles orientations stratégiques. Ainsi, la réorganisation de la production prévoit de rassembler les 500 salariés sur un seul site, Drusenheim, au lieu de trois actuellement avec Oberhausbergen et le siège à Schiltigeim.
 
Aujourd’hui, nous avons besoin d’investissements, mais les banques ne suivent pas. Nous avons formé une intersyndicale, et nous avons alerté les pouvoirs publics, au niveau local, régional, nous avons interpellé les candidats à la Présidentielle, sans effet pour l’instant. Seul le FSI, le Fonds stratégique d’investissement, (fonds créé par l’État en 2008 pour soutenir les PME pendant la crise, NDLR), d’après nos informations, serait prêt à intervenir, à hauteur de 50 à 60 % de l’investissement nécessaire. »
 
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