2012-03-13
L'actualité commentée par un délégué CFTC .

L'actualité commentée par un délégué CFTC

13 mars 2012
Fabriquer en France, c'est possible ! Vu par Dominique Jeanneteau, secrétaire CFTC du comité de groupe Eram et négociateur pour la branche chaussures
 
 
 
 
L’entreprise Repetto, célèbre fabricant de ballerines et de  chaussures de luxe, vient d’ouvrir son propre centre de formation en Dordogne, à  proximité de son usine, en vue de recruter une centaine de jeunes. Le “ fabriqué en France ” est-il possible, même dans un secteur en crise ?
 
Dominique Jeanneteau :
 
C’est une excellente nouvelle pour Repetto, qui va former plus de 100 salariés sur les trois ans à venir et s’apprête à recruter. Ils utilisent pour leurs chaussures un procédé de fabrication de "cousu retourné" (la chaussure un cousue sur l’envers), qui demande une grande technicité.
Aujourd’hui l’industrie française de la chaussure est devenue un marché de niche. Les entreprises qui visent le haut de gamme, comme Repetto et quelques autres, Weston, Paraboot, Mephisto ou Arche réussissent grâce à ce positionnement. Ce sont des marques françaises qui continuent de fabriquer en France. Elles exigent des savoir-faire spécifiques que l’on ne trouve pas partout.

Les chaussures peuvent être soudées, injectées, cousues, et seul un personnel très qualifié peut maîtriser certaines de ces techniques. D’autre part, la mode implique une réactivité de plus en plus importante du côté de la production, il faut donc réduire les stocks et le temps de transport. Du coup, délocaliser en Inde ou en Chine n’est plus aussi intéressant.
 
Dans notre groupe, Eram, nous avons des marques comme Bocage, les chaussures de sécurité Parade, TBS, qui sont maintenues sur le territoire français. Sur les 13 000 salariés du groupe, environ 600 seulement sont encore affectés à la production, et à la recherche et aux développements, les bureaux d’études, le style, la conception assistée par ordinateur. Des projets de formation sont même en cours, pour éventuellement relancer des chaînes de production. Le plus gros des salariés étant maintenant employés dans le commerce et la logistique.

Mais l’âge d’or de la chaussure en France est malgré tout révolu. Dans les années 1960, chez nous, dans le Choletais (Cholet, dans le Maine-et-Loire, NDLR), les employeurs venaient jusque dans les écoles pour embaucher des jeunes dès l’âge de 14 ans ! Tous ces salariés atteignent aujourd’hui l’âge de la retraite, quand ils n’ont pas perdu leur emploi lors d’un des nombreux plans sociaux liés à la vague de délocalisations des années 80…"
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