2010-04-12
Hausse des tarifs du gaz.

Hausse des tarifs du gaz

12/04/2010
Douche froide

On craignait une hausse de plus 9,5% du prix du gaz pour les particuliers. La hausse a été portée exactement à 9,7% au 1er avril. La plus forte augmentation depuis novembre 2005. Scandaleux pour la CFTC qui a été la première à s’en offusquer.
 
La Commission de régulation de l'énergie (CRE) a donné son feu vert à cette augmentation le 25 mars. Selon les nouvelles règles établies en décembre dernier, c’est GDF Suez qui décide aujourd’hui sous le “contrôle” de la CRE des éventuelles variations tarifaires.
 
La CFTC est outrée que l’État qui détient encore 35% de l’entreprise laisse faire –en pareille circonstance –seuls des experts qui n’ont aucune légitimité politique.
 
Cette hausse est d’autant plus scandaleuse que, dans le même temps, le groupe affiche près de 4,5 milliards d’euros de profits et que la rémunération de son vice-président a quadruplé depuis la fusion entre Gaz de France et Suez.
 
Les ménages se seraient bien passés d’une telle dépense qui vient se surajouter à un coût déjà élevé des loyers. Dans bien des cas, pour les plus modestes et les plus fragilisés par la crise, cette hausse sera insupportable.
 
La CFTC craint que le phénomène de paupérisation ne s’amplifie, d’autant que les salaires n’augmentent pas dans les mêmes proportions. C’est ce que la dernière note de conjoncture de l’Insee laisse aussi entendre. Selon l’Institut, les ménages ont déjà été amenés l’an passé à sacrifier certaines dépenses, sous l’effet de la crise.
 
La facture va ainsi s’alourdir jusqu’à 85 euros par an à consommation égale. Les plus pénalisés seront ceux qui utilisent le gaz à la fois pour la cuisine, l'eau chaude et le chauffage. 10,8 millions de foyers sont raccordés au gaz naturel et six millions se chauffent avec.
 
Cette hausse piège aussi tous les consommateurs influencés par les offres comparatives qui les ont conduits à s’équiper tout au gaz ou qui n’ont aucune alternative possible, en ville notamment.
 
Le même jour que la CRE officialisait la hausse, le Sénat votait en première lecture une proposition de loi pour pérenniser les tarifs réglementés de l'électricité et du gaz au-delà du 1er juillet 2010 pour les consommateurs ayant souscrit une offre auprès d'un concurrent d'EDF.

Curieuse (et heureuse !) coïncidence.
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