Deux institutions viennent de donner raison à l’analyse de la sortie de crise faite par la CFTC. “On ne peut pas dire que la crise est terminée lorsque le chômage est encore là ”, a déclaré le FMI, par la voix de son directeur général, le 4 février.
Et Dominique Strauss-Kahn, d’en déduire que les politiques de l’emploi doivent demeurer une priorité en 2010.
Deux jours plus tard, les ministres des Finances du G7 dressaient le même constat et invitaient les États à “soutenir leurs économies jusqu’à ce qu’une reprise solide soit établie”.
L’heure n’est donc pas à la rigueur, mais à la relance.
Dès lors, on ne peut que regretter le décalage entre ces encouragements à lutter contre le chômage et les politiques d’austérité qui se mettent en place un peu partout en Europe. Elles conduisent à un gel des salaires et des embauches dans la fonction publique, des hausses des prix, une remise en cause systématique de la protection sociale solidaire…
Si, dans un premier temps, de telles mesures peuvent favoriser un retour à l’équilibre budgétaire, elles risquent de se traduire, à terme, par une augmentation du nombre de chômeurs et l’émergence de mouvements sociaux comme en Allemagne et en Grèce, voire à des crises politiques comme au Portugal.
En France, l’erreur consisterait à emboîter le pas de nos voisins.
La période électorale nous en a jusqu’ici préservé, mais jusqu’à quand? La croissance ne peut pas naître de la rigueur budgétaire, mais du dynamisme de la consommation des ménages et de l’investissement des entreprises.
En période de crise, tout doit être mis en oeuvre pour maintenir l’activité. Si l’objectif est le plein-emploi, il faut conduire une relance budgétaire, donc accroître momentanément le déficit.
Il sera toujours temps, quand la conjoncture repartira, de faire un effort solidaire pour que le déficit baisse fortement.